LXXIII. — ZOULOU(i
AMAAVOUKOUTOU (2)
Ï51WçJl arriva au commencement, à la première apparition de la source de la vie, que quelques pigeons de rocher vinrent à une maison. Ils trouvèrent une femme qui était assise en dehors. Ils entrèrent et dispersèrent les cendres dans sa maison. Elle cria. C'était une femme mariée ; elle n'avait pas d'enfants. Elle dit :
— Ils sont venus se moquer de moi; ils ont vu que je n'avais pas d'enfants pour éparpiller les cendres.
Alors six pigeons vinrent. L'un dit :
— Voukoutou.
L'autre demanda :
— Pourquoi dites-vous Voukoutou ?
Le premier répéta :
— Voukoutou.
(i) Le Zoulou est parlé sur la côte septentrionale du Natal dans TAfrique australe anglaise, entre Durbam et la baie de Sainte-Lucie.
(2) Callaway, Nursery taies traditions and hislorUs of ihe Zulus ; Natal, Blair, 1868, in-8, p. 72-73.
340 CONTES POPULAIRES o'aFRIQUE
L'autre dit encore :
— Pourquoi dites-vous Voukoutou ?
Cela se passait en présence de la femme. Alors le premier répondit :
— Prenez une épine et égratignez-vous vousmême.
L'autre dit encore :
— Voukoutou.
Le second reprit :
— Prenez une épine, égratignez-vous vousmême, retirez un grumeau de sang, placez-le dans un pot ; fermez-le par en bas, mettez-le de côté pendant huit mois, fermez-le par en bas, et le huitième mois^ dit le pigeon, découvrez-le.
Elle le découvrit et trouva un enfant; le grumeau avait un enfant à côté de lui dans le pot, Le pigeon lui dit :
— Prenez-le maintenant, mcttez-le dans un sac et donnez-lui à manger.
Un autre vint et dit :
— Enveloppez-le dans ses couvertures et mettez-le sur le derrière de la maison ; couchez-le, que les autres femmes ne le voient pas ; donnezlui de la nourriture en abondance de manière qu'il grandisse immédiatement.
Alors l'enfant grandit immédiatement.
Son mari arriva le soir. La femme alluma un très grand feu. Le mari ne savait rien de l'enfant :
CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE 841
celui-ci était seulement l'enfant du grumeau. La femme le prit à l'arrière de la maison, alla devant avec lui, s'assit et le mit devant elle. Elle prit la nourriture de l'enfant, la plaça devant lui et lui dit :
— Mangez un peu ; voici votre nourriture, mon enfant.
Le mari fut étonné et demanda :
— Où avez-vous eu cet enfant ? qu'est-ce que cet enfant .''
Elle répondit :
— C'est mon enfant, l'enfant d'un grumeau de mon sang, l'enfant des pigeons qui m'ont enseigné la sagesse. Ils m'ont dit de m'égratigner et de me couper moi-même, de prendre un grumeau, de le mettre dans un pot ; il deviendrait un enfant. C'est ainsi qu'il est devenu un enfant.
Alors le mari se réjouit, la remercia et dit :
— Je suis heureux et content aujourd'hui. Vous avez maintenant un enfant. C'est très bien.
342 CONTES POPULAIRES d'.AFRIQUE
LA HYÈNE ET LA LUNE (l)
JL arriva qu'une fois une hyène trouva un
l*^ os : elle le prit et l'einporta dans sa gueule.
"^^ Comme alors la lune brillait d'une belle lumière, l'eau était calme ; la hyène jeta l'os quand elle vit la lune dans l'eau et voulut la saisir pensant que c'était de la viande grasse. Elle enfonça sa tête au-dessus des oreilles dans l'eau et ne trouva rien. L'eau était troublée. La hyène retourna sur le bord et resta tranquille. L'eau redevint claire. La hyène fit un bond et essaya de saisir ferme, pensant tenir la lune qu'elle croyait être de la viande parce qu'elle la voyait dans l'eau. Elle saisit l'eau qui coula de sa gueule et redevint boueuse. La hyène se retira sur le bord.
Une autre hyène arriva, prit l'os et laissa tranquillement l'autre derrière. A la fin, le matin parut et la lune s'affaiblit devant la lumière du jour. La hyène échoua.
Elle revint un autre jour jusqu'à ce que l'endroit où elle ne pouvait rien trouver fut piétiné.
(i) Callaway, Nursery laits, traJllions and historiés of theZulus, P- J47-354-
CONTES POPULAIRES d'aî'.IIQUE 348
Alors on rit beaucoup de la hyène en la voyant courir continuellement dans l'eau, mordre l'eau et l'eau couler de sa bouche, tandis qu'elle revenait sans rien. Alors, quand on rit d'un homme, on dit: Vous êtes comme la hyène qui jeta son os et n'obtint rien parce qu'elle voyait la lune dans l'eau.