‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 80 sur 107 · LXXV. — SOUBIYA U · texte numérisé non relu

LXXV. — SOUBIYA U

SÉÉDIMWÉ (2)

lÉÉDi.MwÉ était un grand animal qui faisait du mal aux hommes. Un jour que les hommes avaient été tendre des pièges aux animaux et qu'ils en avaient pris dans leurs pièges, ils les apportèrent au village et les firent cuire dans des pots, .\lors ils dirent àSéédimwé:

— Mangeons maintenant.

iMais Séédimwé leur répondit:

— Je suis rassasié.

C'était un mensonge pour qu'il pût manger seul pendant la nuit. Ils s'endormirent. Au lever du soleil, ils trouvèrent que Séédimwé avait avalé pendant la nuit tous les pots. Ils demandèrent :

— Qui a mangé notre viande?

Ensuite ils retournèrent à leurs pièges et y trouvèrent des animaux. Ils les apportèrent au village et les firent cuire. Le lendemain, ils virent

(i) Les Soubiya habitent sur la rive gauche du moyen Zambèze entre les chutes de Sioma et les chutes Victoria, dans l'Afrique australe anglaise.

(2) Jacotlet, £■/«!/« sur la langue du Haut Zambhc, 2' partie, fasc. I, Paris, Leroux, 1899, in-S, p. 49-54.

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que Séédimwé avait de nouveau avalé tous les pots. Le jour suivant, ils apportèrent encore la viande des animaux et la firent cuire. Cette fois-ci, le lièvre se cacha et dit :

— Je verrai bien aujourd'hui si c'est notre chef qui mange toute notre viande.

La nuit, pendant qu'ils dormaient, le lièvre était couché près du foyer, en disant :

— Je le verrai bien.

Aussi, lorsque Séédimwé se leva pour manger la viande, le lièvre se mit à dire :

— Je te vois, oncle maternel.

Séédimwé eut peur et se recoucha. Ensuite il se leva de nouveau pendant que tous dormaient, mais le lièvre, lui, ne dormait pas. Comme Séédimwé éternuait, le lièvre cria :

— Je te vois, oncle maternel.

Il continua de faire ainsi jusqu'au matin. Lorsque le soleil fut levé, Séédimwé était couché, malade. On lui cria :

— Lève-toi et mangeons de la viande.

Il répondit :

— Je n'en veux pas, je suis malade.

Les gens mangèrent la viande : ils la mangèrent toute. Quand Séédimwé se leva, il trouva qu'il n'y avait plus rien. Alors il avala les pots et les hommes avec. Le lièvre, lui, s'était caché dans l'herbe.

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Quand Séédimwé eut fini d'avaler les gens et leurs maisons, il s'en alla. Alors le lièvre rassembla tous les animaux pour lui donner la chasse et le tuer. Les premiers qui allèrent, ce furent l'élan et le zèbre. Ils allèrent, mais ils ne virent que de la poussière. Ils revinrent en disant :

— Nous ne l'avons pas vu.

Ensuite allèrent le lion et le léopard : eux aussi ne purent l'atteindre. Ensuite allèrent le gaon et le gaon blanc. Ensuite allèrent l'antilope et la gazelle. Eux aussi revinrent sans avoir rien vu. Ensuite allèrent le chien sauvage et la hyène. Ceux-ci surent trouver Séédimwé. Le chien sauvage se mit à crier :

— C'est vous qui l'avez poursuivi au loin sans succès ; vous, élan, buffle, antilope, hyène et léopard.

Alors le chien sauvage perça Séédimwé d'une flèche ; la hyène aussi le perça. Séédimwé mourut. Alors le chien sauvage et la hyène allèrent rappeler les autres animaux et les ramenèrent là; ils rassemblèrent aussi tous les oiseaux.

L'aigle vint le premier et dit :

— Tjolo, ntjo, ntjo, ntjo, ntjo.

Mon bec est cassé,

Celui que m'a donné Samokounga,

Samokounga de Léza.

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Comme il disait cela, son bec se cassa. Le martin-pécheur vint ensuite et dit :

— Tjolo, ntjo, ntjo, ntjo, ntjo, etc.

Son bec aussi se cassa.

Vint ensuite le héron ; lui aussi chanta :

— Tjolo, ntjo, ntjo, ntjo, ntjo, etc.

Vint ensuite le vautour qui s'entend à dépecer les animaux. Lui aussi chanta :

— Tjolo, ntjo, ntjo, ntjo, ntjo, etc.

Son bec, à lui aussi, se cassa.

Alors vint un tout petit oiseau, le Katidtui. Les animaux dirent :

— Son bec est trop petit.

Le petit oiseau se mit à chanter :

— Tuere ! tuentue ! ntuentue !

Mon petit bec est brisé,

Qui m'a été donné par Samokounga, Samokounga de Léza.

Alors il fit un tout petit trou. Quand ils virent le petit trou, ils dirent au Katiiitiii :

— Va-t-en ! qu'il vienne un plus grand oiseau. La grue vint alors et se mit à chanter :

— Tjolo, ntjo, ntjo, ntjo.

Son bec se cassa. En même temps, le petit trou fait par le Katuitiii se referma.

Alors ils rappelèrent ce tout petit oiseau, le Katuitui. Il revint et se mit à chanter :

— Tuere ! tuentue ! ntuentue !

11 se fit alors une plus grande ouverture au cadavre de Séédimwé. Le petit oiseau se mit de nouveau à chanter :

— Tuere ! tuentue! ntuentue ! etc.

Alors il ouvrit le ventre de Séédimwé. Tout ce qui était dans son ventre en sortit : maisons, pots, bétails et hommes. Alors ceux-ci bâtirent des villages.

MUKWÉ-LÉZA (l) (Le gendre de Ltza, l'oiseau de la pluie).

N dit que l'oiseau de la pluie avait une t^'^uv femme. Il dit à un homme :

— J'épouse ta fille.

— Epouse-la.

Alors l'oiseau de la pluie épousa cette femmelà. Alors ses beaux-parents, parce qu'ils mouraient de soif, dirent à leur gendre :

— Va nous puiser de l'eau.

11 y alla, arriva près de l'eau et but. Quand il eut fini de boire, il se dit :

— Quel tour pourrais-je leur jouer?

(i) Jacottet, Eludes sur les langues du Haut-Zamh\e, II' partie, fasc. I, p. 128-130.

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Alors il se dit :

— Je mettrai du sable dans les calebasses. Alors il remplit de sable toutes ses calebasses,

prit un tout petit peu d'eau et le versa sur le sable. Puis il porta l'eau au village. Arrivé là, il la donna à ses beaux-parents. Ils furent tout joyeux en voyant ces grandes calebasses. Ils dirent :

— Aujourd'hui nous aurons beaucoup d'eau à boire.

Puis ils portèrent leurs calebasses dans leur hulte. Ils dirent :

— Nous te remercions.

L'oiseau de la pluie dit :

— C'est bien.

Alors l'oiseau de la pluie se dit :

— Je leur ai joué un bon tour.

Sa femme lui demanda :

— Où est l'eau ?

Son mari répondit :

— Je l'ai portée à mes beaux-parents.

Alors la femme de l'oiseau de la pluie lui dit:

— Verse-moi de l'eau dans ma tasse.

La belle-mere inclina la calebasse d'eau : elle vit que le peu d'eau qui s'y trouvait tomba dans la tasse et qu'il n'y en avait que fort peu. Alors elle dit à son mari :

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— 11 n'y a pas d'eau, ce n'est que du sable; il n'y a pas d'eau.

Le beau-père appela son gendre et lui dit :

— Pourquoi nous as-tu puisé du sable au lieu d'eau ?

L'oiseau de la pluie dit :

— J'ai essayé de puiser de l'eau, mais il y avait là beaucoup de sable; c'est ainsi qu'il est entré dans mes calebasses.

Le beau-père lui dit :

— En vérité, tu nous as joué un mauvais tour. L'oiseau de la pluie répondit:

— Certainement, je ne vous ai pas joué de mauvais tour.

Son beau-père le chassa et dit :

— Pars d'auprès de mon enfant.

Il ajouta :

— Dorénavant, tu ne boiras plus l'eau du fleuve, tu ne boiras plus que l'eau de la pluie.

C'est pourquoi il ne boit plus l'eau du fleuve ; mais seulement l'eau de la rosée et de la pluie. Ici finit l'histoire de l'oiseau de la pluie.

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