‹ Contes populaires de l'Égypte ancienneChapitre 13 sur 28 · DU PRINCE DE BAKHTAN · texte numérisé non relu

DU PRINCE DE BAKHTAN

ET l’esprit possesseur

’Hor, taureau vigoureux,chargé de diadèmes et établi aussi solidement en ses royautés que le dieu Atoumou ; l’Hor, vainqueur puissant par le glaive et destructeur des Barbares, le roi des deuxÉgyptes Ousirmarî-sotpounirî, fils du Soleil, Ramsès Mîamoun, aimé d’Amonrâ, maître de Karnak, et du cycle des dieux, seigneurs de Thèbes ; le dieu bon, fils d’Amon, né de Moût, engendré par Harmakhouiti, enfant glorieux duSei-

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gneur universel^ engendré par le Dieu mari de sa propre mère, roi de l’Égypte, prince des tribus du désert, souverain qui régit les barbares, à peine sorti du sein maternel, il dirigeait les guerres, et il commandait à la vaillance encore dans l’œuf, ainsi qu’un taureau qui pousse en avant, — car c’est un taureau que ce roi, un dieu qui sort, au jour des combats, comme Montou, et qui est très vaillant comme le fils de Nouit.

R, Sa Majesté était en Naharina (i) comme

c’était sa règle chaque année, et les princes de toute terre venaient, courbés sous le poids des offrandes qu’ils apportaient aux âmes de Sa Majesté (2) ; les forteresses apportaient leurs tributs, l’or, l’argent, le lapis-lazuli, le mâfkaït (3), tous les bois odorants de l’Arabie, sur leur échine et marchant en file l’une derrière l’autre. Le prince de Bakhtan fit apporter ses tributs et mit sa fille aînée en tête

(1) C’est une orthographe différente du nom écrit Naharanna dans le Conte du Prince Prédestiné, p. 231, note i. Le Naharanna est le pays entre l’Oronte et le Balikh.

(2) Nous savons que le Soleil avait sept âmes et quatorze doubles (Bergmann, Hier. Inschriften, pl. 62, 2). Le Pharaon, fils du Soleil et Soleil lui-même, avait aussi plusieurs âmes, Biou; les peuples vaincus cherchaient à les gagner par leurs cadeaux.

(3) Sur le mdfkait, voir p. 197, note 2.

ET l’esprit possesseur

du cortège, pour saluer Sa Majesté et pour lui demander la vie. C’était une femme très belle, qui plut à Sa Majesté plus que toute chose; la prenant pour grande épouse royale, il l’inscrivit sous le titre de Nofirourî, et, quand il fut de retour en Égypte, il lui assura le traitement d’épouse royale (i).

Et il arriva en l’an XV, le 22 du mois de Payni, comme Sa Majesté était à Thèbes dans le temple Nakhthonit-ropeou (2), à chanter les louanges de son pèreAmonrâ, maître de Karnak, en sa belle fête de Thèbes méridionale (3), leséjour favori où le dieu est depuis la création, voici qu’on vint dire à Sa Majesté : « Il y a là un messager du prince de « Bakhtan, qui est venu avec beaucoup de cadeaux « pour l’épouse royale. » Amené devant Sa Ma-

(1) La fille du prince de Khiti, Khitisarou, reçut de même, à son arrivée en Égypte, le titre de grande épouse royale et un nom égyptien Maournofirourî dont celui de notre princesse n’est probablement qu’une forme abrégée.

(2) Ces mots, qui signifient littéralement, la forte, dame des temples, forment probablement le nom d’une des chapelles du temple de Karnak.

(3) La Thèbes méridionale est aujourd’hui Louxor : c'est donc la fête patronale du temple de Louxor que le roi était occupé à célébrer quand on vint lui annoncer l’arrivée du messager syrien.

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jesté avec ses cadeaux, il dit en invoquant Sa Majesté : « Gloire à toi, Soleil des peuples étran- « gers, toi par qui nous vivons », et, quand il eut dit son adoration devant Sa Majesté, il se reprit à parler à Sa Majesté : « Je viens à toi. Sire, mon « maître, au sujet de Bint-Rashit (i), ta sœur « cadette à toi et à la royale épouse Nofirourî, « car un mal pénètre ses membres. Que ta Majesté « fasse partir un savant pour la voir. » Lors, le roi dit : « Amenez-moi les scribes de la double « maison de vie qui sont attachés au palais (2). » Dès qu’ils furent venus. Sa Majesté dit : « Voici, je vous ai fait appeler pour que vous entendissiez cette parole : « Amenez-moi d’entre vous un habile en son cœur, un scribe savant de ses doigts. » Qiiand le scribe royal Thotimhabi fut venu en présence de Sa Majesté, Sa Majesté lui ordonna de se rendre au Bakhtan avec ce messager. Dès que le savant fut arrivé au Bakhtan, il trouva Bint-Rashit en l’état d’une possédée, et il trouva le démon qui la possédait un ennemi rude à combattre. Le prince

(1) Le nom de cette princesse paraît être formé du mot sémitique bint, la fille, et du mot égyptien rashit, la joie : il signifierait donc Fille de la joie.

(2) Voir p. 173, note 2, ce qui est dit de ces Scribes de la Double Maison de Vie.

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