‹ Contes populaires de l'Égypte ancienneChapitre 14 sur 28 · ET L ESPRIT POSSESSEUR · texte numérisé non relu

ET L ESPRIT POSSESSEUR

de Bakhtan envoya donc un second message à Sa Majesté, disant : « Sire, mon maître, que ta Ma- « jesté ordonne d’amener un dieu pour combattre « le démon. »

UAND le messager arriva auprès de Sa Majesté, en l’an XXIII, le ler de Pakhons, le jour de la fête d’Amon, tandis que Sa Majesté était à Thèbes, voici que Sa Majesté parla de nouveau en présence de Khonsou en Thèbes, dieu de bon conseil (i), disant : « Excellent seigneur, me voici « de nouveau devant toi, au sujet de la fille du « prince de Baktan, » Alors, Khonsou en Thèbes,

(i) Pour bien comprendre ce passage, il faut se rappeler que, selon les croyances égyptiennes, chaque statue d’un dieu, établie dans un temple, avait en elle un double, détaché de la personne même de ce Dieu, et devenait par là une véritable incarnation du dieu différente de ses autres incarnations. Le dieu Khonsou avait dans son temple, à Karnak, deux statues au moins, dont chacune était animée par un double indépendant, que les rites de la consécration avaient enlevé au dieu. L’une d’elles représentait Khonsou, immuable dans sa perfection, tranquille dans sa grandeur et ne se mêlant pas directement aux affaires des hommes : c’est Khonsou Nofirhotpou, dont j’ai traduit le nom en le paraphrasant, dieu de bon cotiseil. L’autre statue représentait un Khonsou plus actif, qui règle les affaires des hommes et chasse les étrangers, c’est-à-dire les ennemis, loin de l’Egypte, Khoviou p. tri sokhrou m ouisif, tioulir âa, sahrou shemaou. Le premier Khonsou, considéré comme étant le plus puissant, nous ne savons pour quelle raison, ne daigne point aller lui-même en Syrie : il y envoie le second Khonsou, après lui avoir transmis ses pouvoirs (E. de Rougé, Étude sur une stèle, p. 15-19).

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