‹ Contes populaires de l'Égypte ancienneChapitre 24 sur 28 · D’ALEXANDRE · texte numérisé non relu

D’ALEXANDRE

ES débris du roman d’Alexandre ont été découverts parmi les manuscrits du Déîr Amba Shenoudafa, acquis en 1885-1887 pour la Bibliothèque nationale de Paris. Trois feuillets en furent publiés par

U. Bouriant, Fragments d’un roman d’Alexandre en dialecte tUbain, dans- le Journal Asiatique, 1887, vni« série, t. IX, p. 1-38, avec une planche; tirage à part, in-8°, 36 p.

Puis trois autres, quelques mois plus tard, par U. Bourukt, Fragments d’un roman d’Alexandre en dialecte thèbain (Nouveau Mémoire) dans le Journal asiatique, vin® série, t. X, p. 340-349; tirage à part, in-8° 12 p.

Le manuscrit d’où proviennent ces feuillets était écrit sur du papier de coton, mince et lisse, et mesurait environ o™i8 de hauteur sur o“i25 de largeur. L’écriture en est écrasée, petite, rapide ; les lettres sont déformées, l’orthographe est corrompue, la grammaire parfois fautive. Il me paraît difficile d’admettre que le manuscrit soit antérieur au xiv® siècle, mais la rédaction de l’ouvrage pourrait remonter jusqu’au x« ou au xi® siècle après notre ère.

Autant qu’on peut en juger d’après le petit nombre de fragments qui nous ont été conservés, notre roman n’est pas la reproduction pure et simple de la vie d’Alexandre du Pseudo-

Callisthènes. Ce qui reste des chapitres consacrés à l’empoisonnement d’Alexandre est tellement voisin du grec qu’on dirait une traduction littérale. D’autre part, les fragments relatifs au vieillard Eléazar et à ses rapports avec Alexandre, au songe de Ménandre et au retour imprévu du héros macédonien dans son camp ne répondent pas aux verîions du Pseudo-Callisthènes publiées jusqu’à présent. Je conclus de ces observations qu’entre le moment où les rédactions que nous possédons du Pseudo- Callisthènes ont été fixées et celui où notre traduction thébaine a été entreprise, le texte du roman s’était accru d’épisodes nouveaux, propres sans doute à l’Égypte ou à la Syrie : c’est cette récension, encore inconnue, que nos fragments nous ont transmise en partie. Était-elle en copte, en grec, ou en arabe? Je crois que l’examen du texte nous permet de répondre aisément à cette question. Ce que nous avons du copte a tous les caractères d’une traduction : or, dans le récit du complot contre Alexandre, la phrase copte suit si exactement le mouvement de la phrase grecque qu’il est impossible de ne pas admettre qu’elle le transcrive. J’admettrai donc jusqu’à nouvel ordre que notre texte copte thébain a été traduit directement sur uu texte grec, et, par suite, qu’on peut s’attendre à découvrir un jour une ou plusieurs versions grecques plus complètes que les versions connues actuellement. Elles auront sans doute été confinées à l’Égypte, et c’est pour cela qu’on ne trouve dans les récensions occidentales aucune trace de plusieurs épisodes que les feuillets du manuscrit copte nous ont révélées en partie.

FRAGMENTS

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