LE ROUGE-GORGE
(chanson rimée de nourrice.)
HALLIWELL'S Nature Songs.
Ma chère, savcz-vous qu'il y a longtemps deux pauvres petits enfants dont j'ai oublié les noms furent enlevés par un beau jour d'été et abandonnés dans un bois, à ce que j'ai entendu dire ?
Et quand vint la nuit, bien triste était leur situation. Le soleil se coucha et la lune ne donna aucune lumière! Les enfants pleurèrent et soupirèrent, et après avoir amèrement gémi, les pauvres petits êtres se couchèrent par terre et moururent à l'aurore.
Et quand ils furent morts, les rouges rouge-gorges apportèrent des feuilles de fraisier et les étendirent sur leurs petits corps ; et tout le long du jour ils chantèrent cette chanson : « Pauvres bébés dans le bois ! pauvres bébés dans le bois ! n'oubliez pas les bébés dans le bois ! »
Cette cliaiison donnée par Ilalliwell et qui n'est que l'abrégé d'une vieille ballade intitulée : «les Bébés dans le bois^, » conserve le souvenir de la touchante superstition qui considère le rouge-gorge et aussi le roitelet comme recouvrant de feuilles et de mousse le corps de ceux qui n'ont pas été ensevelis. C'est à cause de cette croyance que ces oiseaux sont partout respectés. En Bretagne, le rouge-gorge est également vénéré; il passe pour avoir brisé une des épines de la couronne du Christ sur la croix.
1. Ln ballade entière se trouve dans Chambers' Rliymeiof ScotlanJ.