Halliwell's Nursery Rhymes
Enfin, co qui est très-curieux, cette chanson fait partie, sous le nom de Citant du chevreau, d'un recueil d'hymnes hébraïques relatifs à la sortie d'Egypte : le Scphcr-IIaggadah (Livre du récit), et elle est chantée par les Juifs en famille aux fêtes de Pâques. Elle ne se trouve toutefois que dans les éditions postérieures au xv"' siècle. Écrite en chaldéen, elle est chantée parles Juifs de Provence dans le patois du pays. En voici, d'après M. Ilalliwell, le résumé qui se rapproche de très-près de notre chanson de Biquette :
« Un chevreau, un chevreau mon père a acheté pour deux pièces pièces d'argent. Alors le chat est venu qui a mangé le chevreau que mon père a acheté pour deux pièces d'argent. — Ensuite vient le chien qui mord le chat, le bâton qui bat le chien, le feu qui brûle le bâton, l'eau qui éteint le feu, le bœuf qui boit l'eau, le boucher qui tue le bœuf, l'ange de la mort qui tue le boucher, enfln le Saint, béni soit-il, qui tue l'ange de la mort, qui a tué le boucher, etc. »
M. Hallivell y voit une allégorie sur le sort des persécuteurs d'Israël, symbolisés par les animaux qui se détruisent les uns les autres jusqu'au jour oi!i Dieu fera poindre l'ère messianique.
Quoiqu'il en soit de cette explication, il est difficile de se prononcer sur la cause qui fait se rencontrer chez tant de peuples une chanson en elle-même insignifiante, si elle ne contenait à l'origine un sens symbolique qui nous échappe maintenant. Il est d'ailleurs très-possible que cette chanson soit réellement d'origine juive et que, par suite de la dispersion de ce peuple dans toute l'Europe, elle se soit répandue dans diverses contrées.
HISTOIRE DE PETIT POUSSIN (Chicken-Licken).
(HALLIVELL'S Pire Stories.)
Petit Poussin allant un jour au bois, un giancl tomba sur sa pauvre tête chauve et il crut que le ciel était tombé. Il voulut aller prévenir le roi que le ciel était tombé. Alors il retourna sur ses pas et rencontra la poule. « Eh ! poule, où vas-tu ? » Et la poule lui dit : « Je vais au bois chercher ma nourriture. » Et Petit Poussin lui dit : « La Poule, n'y vas pas, car j'en viens, et le ciel est tombé sur ma pauvre tète chauve et je vais prévenir le roi. » Alors la Poule revint avec Petit Poussin et ils rencontrèrent le coq, puis une cane, un canard, une oie, un jars, des dindons, et Petit Poussin leur tint le même discours qu'à la poule, et tous s'en allèrent prévenir
le roi. Enfin la troupe rencontra le renard, qui leur dit : « Où allez-vous, les jolies filles? » Et elles répondirent : « Petit Poussin a été au bois et le ciel est tombé sur sa pauvre tête chauve et nous allons prévenir le roi. » Le renard leur dit : « Venez avec moi, je vous montrerai la route. » Mais le renard les emmena dans son terrier et ses renardeaux mangèrent Petit Poussin, la poule, le coq, la cane, le canard, l'oie, le jars, le dindon, et jamais ils ne virent le roi pour lui dire que le ciel était tombé.
On trouve une version de ce conte en :
Ecosse. — (Chamber's Nursery Stories, p. 59) : la Poule et ses Compagnons) : (Une poule picotant un sac de pois, un pois lui tombe sur la tête, et un crapaud termine le conte en jouant le rôle du renard du conte anglais.)
Irlande. — Kennedy (Firc sidc Slorics) cite aussi la même chanson.
Danejiaiîk. — (Thiele, trad. Tliorpe) : le Petit Poussin Kluk et ses Compagnons.
Russie : I^able d'Afanasieff; voy. Gubcrnatis, p. iOj.
En voici enfin une dernière version.
LE CHAT ET LA SOURIS (Abrégé).
(HALLIVELL'S Pire Stories.)
Le chat et la souris jouaient ensemble dans une drêcherie. JjC chat mangea la queue de la souris. « Je t'en prie, le chat, rends-moi ma queue. — Je ne te rendrai ta queue, dit le chat, que si tu me donnes du lait de la vache. » La souris alla trouver la vache qui demanda du foin, le fermier qui demanda de la viande, le boucher qui demanda du pain. Alors le boulanger donna du pain à la souris, la souris donna le pain au boucher, etc., et le chat rendit la queue à la souris.