‹ Contes populaires de la Grande-BretagneChapitre 26 sur 134 · LA FILLE DE LA MER · texte numérisé non relu

LA FILLE DE LA MER

CAMPBELL. — (HiGHLANDS.)

Il était une fois un pauvre vieux pêcheur. L'année avait été mauvaise pour lui ,et c'est à peine si de temps en temps il avait pu prendre quelques poissons (a). Un jour qu'il était à la pêche, au bord de son bateau se dressa une Fille de la mer qui lui dit : « Quelle récompense me donneraistu si je t'envoyais du poisson en abondance ? — Hélas! répondit le vieillard, je ne possède rien, et ne puis rien vous donner. — Alors, donne-moi ton premier fils, dit-elle. — J'y consentirais volontiers si j'en avais un, mais je n'en ai pas', et n'en aurai jamais, car ma femme et moi nous sommes maintenant trop vieux. — Nomme-moi ce que tu possèdes. — J'ai une vieille jument, une vieille chienne, une vieille femme ; Voilà toutes les créatures qui m'appartiennent. — Eh bien, prends ces trois graines -et fais-les manger à ta femme cette nuit même; en voici aussi trois pour ta chienne, trois pour ta jument, enfin ces trois dernières tu les planteras devant ta maison. Le temps venu, ta femme aura trois fils, ta jument trois poulains ; ta chienne trois petits, et trois arbres croîtront devant ta demeure. Lorsqu'un de tes fils mourra, l'un des arbres se desséchera (6). Maintenant, retourne chez toi et rappelle-toi ta promesse quand ton premier fils aura trois ans; A l'avenir, tes filets regorgeront de poissons. » Tout arriva comme la Fille de la mer l'avait prédit. Mais quand la fin des trois ans fut proche, le vieillard devint triste et chagrin en songeant au terme fatal. Le jour venu, il alla à la pêche comme de coutume, mais il n'emmena pas son fils avec lui.

1. J'ai lait quelques courtes abréviations, mais san* aucune importance pour le récit.

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