‹ Contes populaires de la Grande-BretagneChapitre 42 sur 134 · CONTE XXVI · texte numérisé non relu

CONTE XXVI

ILLAN.

KENNEDY. - (Irlandr.)

Illan était ami de Fion (Fingal) et désirait s'unir plus intimement à lui en épousant sa tante Tuirrean. Or il vint aux oreilles de Fion qu'Illan avait déjà pour maîtresse une fée; alors dans sa sagesse il assura le sort de sa tante de la façon suivante : il mit la main de sa tante dans celle d'Ossian, qui la confia à Koilte, qui la confia à Mac Luaclia et à d'autres. Et ainsi elle passa sous la garde de Diarmaid, de Gill Mac Morna, d'un autre Luacha, enfin dans les bras d'Illan.

Le ménage d'Illan fut heureux pendant quelque temps, mais la fée Beau-Sein n'admettait pas que son amant mortel fût heureux avec une autre qu'elle. Elle rendit donc une visite à Tuinean en l'absence de son mari et la pria de sortir, car elle désirait lui remettre un important message de Fion au sujet d'une fête qu'il voulait donner. Dès qu'elle fut loin des yeux des gens de la maison, elle marmotta quelques paroles, et tirant une baguette druidique de dessous son manteau, elle en frappa sa rivale et la changea en la plus belle chienne louve qu'œil ait jamais vue. Ellese renditcnsuite à la maison de Fergus sur le bord de la baie de Galloway. A son retour, Illan, apprenant que sa femme était sortie avec une femme étrangère, devina que Beau-Sein avait joué quelques tours de sa façon et commença à en redouter le résultat. Il eut en effet bientôt lieu de craindre, car Fion ayant perdu sa tante, la réclama saine et sauve des mains d'Ossian, qui la réclama à Koilte, qui la réclama à Mac Luacha, etc. ; jusqu'à ce que le second Luacha demanda à Illan de lui amener sa femme

en bonne santé sous peine de la tête. Illan reconnut la justesse de la requête et demanda simplement quelques jours de grâce.

Il se rendit alors au palais de la fée et obtint d'elle ce qu'il désirait à la seule condition de lui être désormais fidèle jusqu'à la mort et de ne plus jamais rechercher pour maîtresse une femme mortelle. Alors elle alla chercher Tuirrean, et l'amenant à quelque distance du château de Fergus, elle la rendit à son ancienne forme et la renvoya à son neveu. Le second Luacha, la dernière caution, représenta au grand chef que, pour le risque, qu'il avait couru de perdre la vie il était juste de lui accorder la main de Tuirrean. Fion donna gracieusement son consentement au second mariage de sa tante. Pendant que Tuirrean avait été chienne, elle avait mis au monde les deux célèbres limiers Brann et Sceoluing. Beau- Sein leur eût volontiers donné la forme humaine en même temps qu'à leur mère, mais Fion préféra qu'ils restassent sous la forme de chiens et il en fit ses limiers favoris.

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