LA FLBUR DU ROCHER
Daissez pas, et ta soBur a les cISs qui les ouvrent. Je rais Tous donner une lettre sign6e de mon sang qui vous permettra de trouver votre route et d'aller les chercher.
Jean Gate mourut peu apr^s, et je ne sais si ses enfants sont all6s k la Gorbi^re chercher leurs trdsors ou s'ils y sont encore.
Cont^ en 1880, par Rose Renaud, de Saint-Cast, &g^e de 60 ana environ, femme d'£tienne Piron, prehear. EUe tient ce conte de Marie Ch^liu.yeuve Jaguea, aussi de Saint-Cast, &g6e de 87 ans.
La Hoale de la Corbl^re s'appelle aussi le Nitou Corbin, ou le Nid aux Corbins, parce que, dit-on, ua corbeau (corbin en patois ancien] y fait son nid tous les ans.
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LA HOULE DE CUtU^ W
II fUJt une fois k SaiDt-Cast une femme qui avail trois enTants; souventils allaientsepromeaer h I'en- Irfe de !a Hoale de ChMin.et ils vojaient toutes sortes de Mies, des cbiens, des cbats, des oies qui parfois mfime leiir montaieDt sur les Spaules ; mais quand iU voulaiffnt les altraper, ils s'^vanouissaieat, etils ne trouvaii lit plus rien.
Un s'ir.un deseufants vit trois belles oies qui p&turakiil -urla lande :
— Si jt; peux les attraper, dit-iJ, yoWk de qaoi faire bouillir la marmite.
11 parvint k en saisir une, mais les denx autres se jelferenl sur lui, et le frapp^rent k coups de bee jusqu'k ce qu'il etlt lAch^ celle iju'il avail prise, puis elles s'cnfuirent du c6t6 de la houle, et il pensa que c'^tajent les oies des f6es.
Sous la maison oil ils demeuraient, il y avail un canal pour I'^coulemont des eaux ; un jour qu'il avait beaunoup plu, il se boucha et la maison fut inondie. La femme leva une des dalles qui couvraient le canal, el I'liau s'^coula ; puis voyant une dalle taill^e, elle la souleva, et vit au-dessous d'elle une belle dame
[I) La Houle de Cheiln est en Saint-Cast, prfes da la points de
rials ; dans men premier lolume de Conlei popalaires go Irouve
'iHle mC'tne litre une autre l£gende qui ss pasae lu mSme en droit.
U HOULE DE CneilN. (I
couch^e dans un lit et que deux autces dames ^taient k soigner.
— Qu'esl-ce que eela 1 pensa-t-elle ; ce sont peuletre les f£es de Cli6lin.
Et elle y songeait souTcat ; car elle entendait parfois desvoixquidisaient: uLefotirest-il chaud?est-il temps d'apporter la pate ? » La femme se dit : « 11 faudra que je demande un jour s'il y a quelqu'un audessous de notre maison. »
Un matin elle souleva la dalle, et elle se pencha sur le trou pour crier :
— A quelle heure sera voire premi&re fourn^e de demaiu ?
— A dix heures, r4pondit une Toix.
— II y aurait-il moyen do cuire un pain dans voire four?
— Oui, oui, direnl les f6es.
Le lendcoiain, la femme entendit cbaufTer le four, elloprit de la pSte dans une jalte, puis elle leva la dalle, et desceodit sous terre. Elle vit les f^es qui enfouraaientleurpaiuiet mi tlesienii cuire avec les leurs.
Les f^es lui frott^rent le tour desyeux avec de la pommade, et elle voyait dans la boule toutes sorles de petits flons (1), et une f^e qui portait un enfant. Quand son pain fut cuil, les f^es le lui donn^rent en disant :
— Voiia du pain qui ne diminuera point, si vous n'en donnez & personne qu'ii ceux de voire I'amille ou aux gens qui travailleront pour vous ; mais il faudra aussi que ce soil toujours vous qui coupiez les niorceaux.
La femme remercia beaucoup les bonnes dames, puis elle leurdemandapar oii s'enaller :
(I) Lbs Bona sont des lutins qui sant tout pelita; ils vivaient tTBC let ties et n'^taient point mtebtnta.