LE CORPS $ANS AMB
froyable dans le corps duquel est an loup ; ce loup a dansle rentre un li^vre qui renferme ane perdrix : la perdrix a treize (Bufs et c*est dans le treizi&me qae se trouve son &me. Je voudrais bien rencontrer an liomme assez courageux pour 6ter les CBufs du corps de la perdrix ; car ce m^chant g6ant m*a enlev6e et je ne Faime point. Aurais-tu assez de ccBur pour tenter raveuture ?
— J'essayerai, dit le jeune garQon.
U alia au ch&teau oh la dame le traita de son mieuz, et il resta avec elle jusqu*au moment oh le Corps sans dme fut sur le point de s*6veiller; alors elle le cacha avec soin.
Quand le g6ant se leva, il regarda autour de lui et se mil k remuer les narines comme s*il sentait quelque chose.
— Qu'y a-t-il done ici? demanda-t-il.
— Rien denouveau, quejesache, r^pondit-elle.
11 se mit h table, mangea et but comme k Tordi-
Daire, puis il retourna se coucher et bientdt on Tentendit ronfler.
Alors la dame fit sortir le jeune homme de sa ca- ^^elte, lui donna un sabre bien affile et le mena k la chambre oil le lion 6tait enferm6. D^s que la porte |utouverte, le lion se mit k rugir effroyablement et Uourner autour du jeune garQon; mais celui-ci ne ^e laissa pas effrayer, et il s'y prit si adroitement qn'il lui enfouQa son 6p6e dans le cosur.
Quand le lion fut bien mort, le jeune garQon vint fetrouver la dame qui lui donna k boire et k manger pour le r^conforter ; lorsqu'il eut repris ses forces, il fendit le corps du lion, et aussil6t un loup en sortit qui griuQait des dents et s'^lanQa sur lui pour le D^ettre en pieces; mais apr^s un long combat, il fut perci d*un coup de sabre et expira.
122 LES PETITES COUOeES
— Ahl se dit-elle, je vais la voir aujourd'hui pui^que ' j'en suis si pr^s ; il n'y a ici que les petites Coud6es qui sont occupies dans le ch&leau, et la Challe blan die n'en saura lien-
Ellu s'approcha de la pifece d'eau, et, dbs qu'elle fut \ sill' li; bord, elle vil des feuiDes de nenuphar qui
? remiiaient ; un serpent vert sortit de I'eau et vint se
metlrel cflt6 d'elle.
I Elle eut peur et serecula; mais le Serpent lui <lit
d'unevoix douce ;
I — Belle princesse, avez-vous peur de moi ? Soyez
I sans crainte, je ne vous ferai point de mal, Je vous
cu prie, ne vous en allez pas et restez k me parler : il
y a sllongtemps que jen'aipu causer avecpersonne !
Cr^pascule fut rassur^e parces paroles : elle resta.
et mOme longtemps, h parler avec le serpent. Elle
' a'aper^ut enlln qu'il 6tait temps de parlir, et elle lui
• (iit :
— Adieu, Serpent vert, il faut que je renlre; je ne suis que trop rest6e avec vous,
Lc Serpent la supplia de revenir une autre fois, et {[uaud elle eut disparu, il se replon(;ea dans son aaug.
Au moment oil Cr^puscute rentrait au chateau de cristal, la Chatte blanche se montra devant elle :
— D'oii venez-vous, mademoiselle ? lui demandat-elle.
— De me promener dans le jardin, Mpondit Grepuscula.
— Oui, dit la Chatte blanche, vous venez du jardin ; mais, rnalgr^ ma defense, vous etes allSe sur le bord de la pifece d'eau. Pour votre punition, on va vous plonger dans un bain de lait bouillant.
AussitAt les petiles Coud4es accoururent; en un 'Q d'oeit elles d6shabill6rent la pauvre Cr6puscule, et
LES PETITES COUDfiES 425
lamirent dans un bain de lait bouillant qui la cuisit bien fort ; mais elles ne Vy laiss^rent pas longtemps, et quand elle en fut retiree, elles la soign^rent deleur mieux, et elle ne tarda pas h 6tre gu^rie.
Cr^puscule avait de nouveau promis k la Chatte blanche d.e ne plus relourner h T^lang; mais malgr6 elle, elle pensait souvent au Serpent vert; unjour que la Chatte blanche n^^tait pas au ch^teau^ elle ne put r^sister h I'envie de le revoir, et elle alia sur le bord de la pifece d'eau. Elle vit le Serpent vert qui itait etendu sur Therbe; il avait bien maigri, et il lui dit d'une voix dolenle :
— Belle princesse, je croyais que vous m'avi^ abandonn6, et j*en avals bien du chagrin.
— Non, r6pondit Cr6puscule, je pensais souvent h vous, mais j'ai 6t6 si punie de vous avoir vu que je n'osais revenir.
Elle s'oublia encore h causer avec le Serpent, et quand elle rentra au cb&teau, la Ghatle blanche se pr6senta devant elle, et lui dit d^une voix irrit6e :
— Yous m*avez encore d6sob6i, raalgr6 vos promesses ; cette fois-ci vous allez 6tre plong^e dans de I'huile bouillante.
Les petites Goud^es d6shabill^rent Cr^puscule et la mirent jusqu'au cou dans un bain d'huile bouillante, puis elles la porterent dans sa chambre et la soign^rent de leur mieux.
Cette fois elle fut longtemps h se gu6rir : un jour qu'elle 6tait seule, elle entendit un Mlement, et elle vit parailre devant elle le Serpent vert, plus maigre encore que d'habitude.
— Je suis bien malade, lui dit-il, mais si vous vouliez m'^pouser, je gu6rlrais.
Crepuscule aimait bien le Serpent vert, mais elle ne pouvait se decider h le prendre pour mari.
IK us Kins wn^sL.
TtMtki j<wniliau&la«eirf<kn iEandait si 4fle caamuil i r<power; aw to« les jonn die fCAmU.
niail par K pint Teair, aril Axit Irop malade pMr«e tTiiinerjiuqo'ai chilw Ak>rs bvpasciile ^ £tait goerie, se dMda 1 nloanKr aa bord de la |Aee d*eai). malgrt les incnatM fK la OuUe blanche In mil faitef. EUe vit sod panre Scfpent Tert qui •£lut maaniDtetpoimitlpaiieRmn(T;eIleeiittant lie pilie de le troorer eo cet tol qn'elle lai dit :
— Je TO'js ^oDseni quaiid tods vondrei, si cela petit TOSS gaerir.
AiusiUit le S«pent vert eessa d'etre malade ; Cr£pnsculerevinlaachlteaa, (rembbuitd'fitrepaDie; mais ijaand la Chalte blanche la nt, elle ne lai adressa pas mitae ud rqiroche.
La Cba(t« blanche ordonna anxpetites Coad^sde tool preparer poar la noce. II y en avail des centaines, hommes et remmes, dans le chAteau de crislal, elelless'y employferentdeleurmieux.
On invila beaucoupdemonde,desroisetdes reines, «t parmi eux les parents de Cr^puscule el la belle Aurore. Le jour du manage Cripuscule avail une robe couleur de la voflte du ciel et une couronne d'6loiles que le Serpent lui avail donnisB. Elle se mil en route dans ce beau costume pour se rendre k la chapelle, et le Serpent rert rampait i cOt^ d'elle. Tous les invil^s disaient ;
'^"'■l dommage qu'une aussi belle princesse ait pour mari I
t. on entra k la cbapelle, et I'^vflque qui le manage demanda au Serpent s'il con-
LKS PET1TS3 COUDEES lU
sentait h gpouser la priccesse ; it s'empresia de dire oni. L'^rAque demanda ensnite i Gripascale si elle voolait prendre le Serpent vert poor son l^lime ^poax.
— Oui, rfi pond it-el le.
D^ qu'elte eut prononc^ cette parole, an lieu do serpent qui 6tait i. ses c6t£s, se montra le plos beaa prince que Ton pfttvoir;les petitesCoud^quiassistalent an manage reprirent anssitOt lenrtaillenatnrelle, et la Chatte blanche devint une belle priDcesse.
Elle avait 6t6 m^tamorphos^ en mfioie temps qne ies petites Coud^es qui ^talent des seigneurs et des dames, et le Serpent vert ^tai tun roi puissant qu'une t€e avait condamn6 k rester sous cette forme jusqu'i ce qu'il eAt trouvi une jenne fllle qni vonltlt bien se marier avec loi.
II y eut de grandes r^jonissances au chateau de cristal, des repas superbes et an bal oil chacun se divertit et dansa de son mienx.
La belle Aurore trouva un mari parmi Ies princes i]ui avaient^t^ m^tamorpho^s^s en petites Coud^es; tout le mondefut content, etGr^pusculeet son mari n'earent que du bonbeur jusqu'& la fin de leurs jours.
ConU enlSBO, pu-madimeTcaTeLouiiTeiier, dehoaOu.qiit dans son enbDcs i entendo conter Ies Pelifei Coudret k ak bonne, ptyunne illettrie de* enTJront de Triii, pirtia franfaiM des CAtes-du-Nord. A Saint-Cut, J'a[ aaui entendn parler, naU conrusiment, de petitei Condte* qo'un aerpent hit rerenir k lenr tftille natnreile.