‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 4 sur 91 · LA HOULE DO CHATELET · texte numérisé non relu

LA HOULE DO CHATELET

die s*arrangea de son mieux, et le lendemain h, midi, qaaod elle se pr^senta h la porte de la houle, elle se reeala en Toyant la vieille portiere qui avait sur le dos des bernis et des moules ; mais la vieille lui dit:

— N'aie pas peur, mon enfant, laisse-toi conduire par moiy je ne te feral pas de mal.

Mais comme la p&toure n'osait avancer, une autre fee, qui itait jeune et jolie, vint la prendre par la main, et la fit entrer dans la houle.

Elle fut marraine d*une petite illle, et quand elle sortit de la houle, sa filleule 6tait d^j^ grande ; elle croyait n'y 6tre rest^e que deux jours, et elle y 6tait demeurie dix ans.

Ses parents avaient cru qu'elle 6tait tomb^e des falaises ou qu'elle s*6tait noy^e; mais ils Tavaient chetehie parlout sans trouver d'elle aucune trace. Les f6es avaient demand6 h sa m^re une autre de s^sftlles pour garder leurs vaches, et c'^tait elle qui etait pltoure k la place de sa soBur.

Quand la jeune fille sortit de la houle, elle retourna ^ la Baillie. En la voyant, sa m^re lui dit :

— D'oii viens-tu, malheureuse ? nous te croyions noyfie.

— Ne me grondez pas, r6pondit-elIe, je suis partie il y a deux jours pour nommer Tenfant de la dame pour qui je garde les vaches, et je suis revenue d^s quej'aipu.

— Depuis deux jours ! s'^cria la m^re, tu as M dix ans. Regarde comme tu es grande h present.

La jeune fille se regarda et vit qu'elle 6tait devenue Temme ; ses fr^res et ses soBurs, qui ^talent tout petits quand elle 6tait partie, avaient si grandi et si chang6, qu'elle avait peine h les reconnaitre.

Elle se mit k tricoter une paire de has pou

iO .LA HOULE DU CHATELET.

filleule, et, quand ellereultermin6e, elleallalaporter h la houle. La vieille f6e qui avait sur le dos des bernis et des moules vint lui ouvrir, et elle resta encore cinq ans avec les f6es, pensant n'avoir pass6 qu'un jour avec elles.

Quand elle voulut s'en aller, sa filleule lui donna une bourse, et lui dit :

— Ma marraine, void une bourse dont je vous fais present pour vous souvenir de moi ; die est pleine d'or : k chaque fois que vous y prendrez une pi^ce, il en viendra une autre h la place ; mais si un autre que vous puisait dans la bourse, elle perdrait aussit6t

toute sa vertu.

Lorsque la jeune fille revint k la Baillie, sa m^re 6tait morte depuis longlemps, ses frferes 6taient embarqu6s, et ses soBurs avaient quitl6 le village pour entrer en service ou se marier, et elle resta seule k la maison.

Comme elle 6tait jolie et avenante, il ne manqua pas de galants pour lui faire la cour, et elle en choisit un pour se marier avec lui. Elle ne put s'empftcher de lui parler de la bourse que les fees lui avaient donn6e, mais, d6s qu'il y eut pris une pi^ce d'or, die s'6puisa comme une bourse ordinaire.

Et je ne sais pas si la jeune fille est depuis retourn^e voir les f6es de la Houle du Gh&tdet.

Conte en 1880, par Rachel Qu^mat, femme Darand, de Saint- Cast, &g^e de 55 ans environ. La Houle (grotte) du Ch&teI.et est dans Ja baie de la Fresnaye, un peu au-dessus du petit port de la Ville-Norme, et k pea de distance de la Houle de la Corbi^re.

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