LA FILLE AUK BRAS COUPES
sigae de la croix avec la main droite en passant devan les calvaires ; s'il te la coupe, lu te signeras ave( la gauche, et, s'il te la coupe encore, tu salueras lei croix avec la t6te.
Le jour oil la petite fille eut sept ans accomplis, h diable vintla chercher, el il dit qu'il voulait Temmei ner puisqu*il I'avait achet6e, Elle le suivit ; k la pre mi^re croix devant laquelle elle passa elle fit le sign( de la croix avec la main droite ; le diable la lui coupa h la croix d'apr^s, elle se signa avec la main gauche, le diable la lui coupa encore. Elle passa devant un( iroisi^me croix qu'elle salua en inclinant la tMe; alors le diable la jeta au pied et ne Temmena pas pluf loin.
Elle se r6fugia dans un bois et elle y trouva un arbrc creux oil elle se retira comme dans una petite maison. II y avait tout pr^s de 1^ un beau chateau, oil il y avait beaucoup de chiens, et tous les jours Tun d*eux lui apportait le pain qu'on lui donnait. Ual jour, le maitre du chMeau dit h son domestique :
— Vous ne donnez pas k manger k ce chien-lili ; regardez comme il est maigre.
— Si, r6pondit-il, il en a comme les autres.
A rheure du repas, d^s que le chien eut son morceau, le monsieur le vit Temporter dans sa gueule sans le manger.
— Demain k midi, il faudra seller mon cheval, je saurai oil il va, dit le seigneur.
Lelendemain on coupa pour le chien la mollis d'une g&che, et le monsieur le suivit k cheval, mais il le perdit de vue au milieu du bois. Le jour d'apr^s, il lui ill donner une ^4che tout entifere, et comme le chien allait moins vite que d'habitude^ il put le suivre jusqu'au pied d'un arbre oil il s'arrfita, et il entendit une voix qui disait doucement ;
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— Ah ! ma pauvre Mte, comment as-tu pu apportercela jusqu'ici?
Le monsieur s'approcha de Tarbre, et, voyant une jeune fille qui n'avait que ses cheveux pour se couvrir -cap, depuis qu'elle 6tait dans le creux de son arbre, elle avait grandi, et ses v6lements s'6laient us6s, — illui donna son manteau et Temmena avec lui au chateau. Comme elle 6tait douce et jolie, il tomba nmoureux d'elle et dit «^ ses parents qu*il voulait I'^pouser.
-Non, lui r6pondirent-ils^ il ne faut pas te marier aveccette pauvresse qui vietit on ne salt d'oii et qui n'a pas de bras.
Mais il se maria tout de m6me avec elle ; quetque tops apr^s, il fut appel6 pour aller h la guerre, et il laissa sa femme avec ses parents qui ne Taimaient
Pendant qu'il 6tait k TarmSe, elle eut deux enfanls, et ses parents 6crivirent h son mari que sa femme avait donn6 le jour h deux petites b6tes. lis attachferent les enfants sur son dos, et la chassferent delamaison. Voil^ la pauvre femnle partie, et sur sa route ellene trouvait personne pour detacher ses enfants. Elle rencontra Notre-Seigneur J6sus-Christ et lui dit:
— Par piti6, d6tachez mes enfants qui sont sur mon dos pour que je puisse leur donner h boire.
— Allez plus loin, r^pondit Notre-Seigneur, vous trouverez qui vous les d6tachera.
Elle continua sa route et trouva saint Paul.
— Par piti6, lui dit-elle, d6tachez mes enfants qui
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sont sar mon dos poar que je puisse leur donner k boire.
— AUez plas loin, r£pondit-il, tous trouverez qui Yoas les d^tachera.
Elle marcha encore et rencontra saint Pierre :
— Ah I par pi tie, lai dit>elle, d^tachez mes eafanis qui sont sur mon dos, pour que je puisse leur donner h boire.
— Allez pins loin, r^pondit-il, vous trouverez qui vous les d^tachera.
Elle arriyacL une Fontaine, et, en se penchant pour y boire, un de sesenfantsytomba; elle voulutle rattraper comme si elle n'avait pas H^ manchotte, et aussit6t il lui revint un bras ; en se penchant encore pour boire, elle laissa son autre enfant tomber k Teau, il lui vint un autre bras, et elle ^tait comme avant d^avoir ^te mutil^e par le diable.
Elle alia dans une ferme od elle demanda h loger, les fermiers lui donn^rentune petite maisonet unlit pour se coucher, et elle y resta toute seule avec ses enfants.
Quand son mari revint du service, il demanda ce que sa femme 6tait devenue; ses parents r^pondirent qu*elle 6tait partie :
— Non, ripondit-il,c*est vous qui Tavez mise h s'en aller ; il faut que je la retrouve.
II se mit k sa recherche, et il voyagea plus d*un an sans avoir connaissance d%lle; mais, un soir, il se trouva aupr^s de la petite maison oh elle demeurait et il y entra pour demander h coucher.
— Je voudrais bien, r^pondit-elle, mais jen*ai que ce lit.
Elle le reconnaissait bien.
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— Ah I dit-il, je suis faligue ; il y a nn an que jo chercbe ma femme qui n'a point de bras et je ne U Irouve pas.
Etle lui c£da son lit, et le soir, quaad ses enTants s'agenouilli^rept pour dire leurs pri^res avant de se coiiclier, eUe leur dit :
— Priez le bon Dieu qu'il vous fasse petrouver votre p6re.
U CQlendit cela, et le lendemain, I'ayant mieux regard^e, il dit :
— Je D'ai pas, je pense, besoin de cbercher plus loin : je crois que Tousetes ma femme.
EUe se Qt reconnaltre k lui et lui raconta toutes les mis^rcs que ses parents lui avaient faites. lis rest&rent i demeurer ensemble et ils furent beureuz jusqu'jt la fin de leurs jours.
Canti en 1880 *u cMteau du Is Saudraie en Penguilly psr Aug^
tique Luc*s, de Saiiil-Glen, domestiqiie, tg^e de lo (ns.
Dans les Contas popuUirei da 1> Haute-Breligne, n. XV, sb
Irauve sous le inSros tilreun cants plus lang que celui-ci, et qui
repose surnna donnie analogue.