LA VIEILLE QUI VEUT RAJEUNIR
II y avail une fois une reinequi 6lait vieille, vieille comme tout : elle n'avait plus une seule denl dans la bouche, la t^e lui branlait, et elle avail toujours la roupie au nez. On mettait devant elle les meilleurs plals, mais elle 'n'avait plus goilt k rien, et m^me elle ne prenail plus plaisir k voir les g^n^raux et les seigneurs venir lul faire leur cour.
Elle invita toutes les f6e$ h un grand diner, et elle leur dil :
— Si vous voulez me ramener h T^ge de quinze ans, je vous donnerai autant d'argent que vous le d6sirerez.
— Nous voudrions bien, r6pondirent les Kes, mais nous ne pouvons vous rajeunir que si vous trouvez une jeune fille de quinze ans qui volontairement veuille bien devenir aussi d6cr6pite que vous T^tes.
La reine fil publier au son du tambour qu'ellc donnerait toul ce qu'oii voudrait, mftme sa couronne, k la jeune fille de quinze ans qui consentirait k devenir vieille k sa place. II vint de tons cdt^s des jeunes fiUes, des riches et des pauvres, des jolies et des laides; mais d^s qu^elles avaient vu la vieille reine, aucune n*6tait teniae de prendre sa place.
Toutes les jeunes fiUes ^taienl venues, exceptiS UDe pauvre petite Bretonne abandonn6e de tout le monde et qui ne savait comment gagner sa vie. La reine
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Tenvoya chercher, et clle lui proposa tout ce qu*elle pourrait d6sirer; mais la petite Bretonne s'^cria :
— J'aimerais mieux 6tre toute ma vie h chercher mon pain et h coucher dehors que de devenir comme vous.
— Essaie, mon enfant, lui dit une des fees; nous allons te faire devenir reine pour quelques instants ; mais tu redeviendras jeune d^s que tu seras luss6e d'etre reine.
Elle toucha ia petite Bretonne avec sa baguette ; aussit6t elle fut aussi d^cr^pite que T^tait la reine, et la reine revint k TAge de quinze ans, etelledansait dc joie dans le palais. On apporta h la petite Bretonne les meilleurs plats; mais elle n'avait point de goiHt k y toucher; les courtisans et les g^n6raux vinrent la saluer et lui faire leur cour ; mais le bruit la g^nait, et ils Tennuyaient.
— Ah ! dit-elle aux f6es, je suis lass6e d'etre reine; faites-moi redevenir chercheuse de pain.
La f6e la toucha de sa baguette, et elle redevint jeune ; elle toucha aussi la reine qui reprit sa vieiU lesse.
Mais la vieille reine se mit k maudire les f^es : pour la punir elles la chang^rent en une tortue qui n^avait point de carapace sur le dos, et depuis ce temps-1^, elle court les chemins.
Cont^ en 1880 par Joseph Mac^, de Saint-Cast, mousse, &g6
de t4 ans.
L\ CHEMtE BLANCHE
II 6Uit line fois un capitaine dont la femme mouruten doanaat le joari uae pelitefillequi fut nominee Eupfarosioe et eut uoe T^e pour marraine. Le capitaine eut bien du chagrin h la mort de sa femme, et cocnmc il §tait souvent en mer, il init sa petite lllle k la nourrice. Mais quand die fut dcvenue un peu grande, il trouva qu'elle n'^taitpas bien soignee par CEOS chez qui il I'avait plac^e, et il se remaiia pour que son enfant efit une seconde m&re.
Peu de temps apv^s son manage, il se rembarqua pour un voyage qui devait durer Irois ans, el il recommanda h sa femme d'avoir bien soin de sa petite Euphrosine. Elle lui promit tout ce qu'il voiilut, mais c'^tait une m§cbanle personnc qui n'aimait qu'une petite flile nomm^e C^sarine qu'elle avait eue d'un premier mariage. C£sarine ^tait laide, an lieu qu'Euplirosine avait une figure jolie et gracieuse, el elle avait h une oreiUe une petite marque rouge comme une fni-f que ses cbeveux recouvraient.
lielle-mf'ii' (i'l'Iuphrosine ne lui donnait i mantic ni;iitvaises pommes de terre el des 1 piuii moisi, car elle aurait bien voulu ir I'l'iiliiiW de son mari pour que sa flUe oi )iil rix'^itage. Elle I'envoyait sux champs <itrL' iiiinitons blancs, et elle lui donnait uur> iin<« grosse quenouiile k filers quan4