U CB^VRE BLANCHE
elle n'avait pas rempli sa tftche, elle la hattait et I'envoyait coucher sans souperl Mais la marraioe d'Euphrosine, qui savait que sa belle-mfere voulait la faire mourir de faim, ■venait chaque jour lui apporter k manger : aussi, au lieu de d^p^rir, elle devenait gentille et fraiche, et il semblait que plus sa bellemfcre lui faisait de mistre, plus elle devenait jolie.
— Comment cela se fait-il ? disailla m^chante bellemfere, je ne donne rien h manger k Euphrosine, et elle est bien plus jolie que ma fille que je soigne si bien.
— Ah! maman, r^pondait C6sarine, c'est ie bon Dieu qui vous punit; si vans donniez ^ ma sceur un peu plus de quoi se nourrir, peut-6tre que je deviendrais moins laide.
— 11 y a quelqu'un, dtt la m^re, qui lui apportc t manger; demain, tuiras voir qui c'esl, et moi j'irai apr^s-demain.
La petite G^sarine alia se cacher aupies du champ ob sa sceur gardait ses moutons; elle savait que sa sffiur avail fit6 iiomm^e par une Tee, mais elle ne vil point sa marraine ; Euphrosine mangea un bon morceau de pain beurr6, et CSsarine la vil, mais elle n'^tait point m^chante, et elle ne dit ricn k sa m^re :
— Qu'as-lu vu? lui demanda-t-elle quand elle renlra.
— Rien.
— Je parie, dit la belle-mgre, que ce soir quand elle va rentrer elle ne voudra pas souper.
Lorsqu'Euphrosine revint k la maison, sa Imllcm6re lui donna on morceau de pain moisi, mais la petite nile r^pondil qu'elle n'avait pas Taim cL elle ne le loucha pa?.
Labellc-m6re sedit :
— J'irai ii mon lour demain, et je saurai loiil. Le lendemaiii, la m^cbante femme se renilil
»JVf-
U CUfiVRE BLANCHE. 229
lui r^pondit de soigner de son mieux sa petite fllle, car s'il venait k la perdre, il ne s*en consolerait jamais.
Mais la m^chante belle-m^re fit courir le bruit qo'Euphrosine itait morte, et elie T^crivit & son marl. Elle fit faire une chAsse qu*elle remplit de terra et de cailloux, et on Tenlerrk dans le cimeli^re : tout le monde croyait Euphrosine tr6pass6e, et C^sarine n'osait rien dire parce qu'elle avait peur de sa m&re.
La belle-m^re alia trouver une m6cbante vieille Ke qui 6tait Tennemie de la roarraine d*Eupbrosine» et elle la pria de remmorphoser (1); mais elle lui r^pondit que tant qu'elle poss^derait sa baguette et sa bagne, elle n'aurait aucun pouvoir sur elle, et elle lui dit ou elles itaient cach^es. La m^chante femme s'en erapara, et la vieille f6e vint pour emmorphoser Eupbrosine; mais elle dit k sa belle-m&re qu'elle avait k Toreille une marque qui lui 6tait venue en naissant et que sa marraine avait loucb^e et que jamais elle ne pourrait la faire disparaitre.
— En quello b6te voulez-vous qu'elle soit emmor* ^os6e, demanda la f^e.
— En cbfevre noire, r^pondit la belle-mfere.
Mais la f^e eut beau jouer de sa baguette, elle ne puty r^ussir.
— Je ne peux, dit-elle, Temmorpboser en ch^vre noire : elle est trop pure, et cela est bors de mon pouvoir ; je I'emmorpboserai en chfevre blanche ou en ch6vre verte, iivotre choix.
— Qu'elle soit en ch^vre blancbe, r6pondit la bellem6re.
La f^e changea Euphrosine en une petite ch^vre blanche, la plus jolie qu'on p^t voir, et elle avail k I'oreille la marque que sa marraine avait touch^« ^a
(1) M^tamorplioscr.
U GH£VRE BLANCBE, 231
petite ch^vre blanche! jamais je n'ai vu une ch^vre avoir de si beaux yeux ; elle les a comme ceux d'une personne, comme ceux de ma petite Euphrosine, et mSme elle a comme elle une marque h Toreille. Si je pouvais Tamener ici, je serais biea content. Mais nous irons demain aux mines; peut-^tre qu'elle y sera encore.
G^sarine qui savait que sa soeur aveit 6t6 emmor* plios6e, aurait bien voulu ne pas aller aux mines ; mais le capitaine insista pour Vy emmener, et elle y fut avec lui. Aussitdt que la petite ch^vre la vit, elle accoarut en fr6tillant de la queue; elle disait : « B6e, » d'une voix douce^en S3 frottant contre G6sarine, car elle Taimait bien. G^sarine, qui n'^tait point m6« chante, ne pouvait s'empficher de pleurer ; car elle savait que c*6tait sa soeur,
— Qu'est-ce que tu as done h pleurer, G^sanne? lui demandait le capitaine*
— Ah! r6pondait-elle, je voudrais Temmener k la maison, et j*en aurais biensoin.
Mais la chevre ne pouvait quitter les ruines du chateau.
-^ Vous ne Tavez pas amende avec vous? dit la mechante femme quand ils rentr^rent.
— Non, r6pondit le capitaine; si tu savais comme elle est jolie; il faudra que demain tu viennes la voir.
Quand son beau-p^re fut sorti, G6sarine s'6cria :
— Ah ! je ne retournerai jamais au chateau ; si tu savais, ma m^re, comme elle est mignonne ! comme elle me caressait et comme elle venait me 16cher les doigts !
— Si ton p^re venait k d^couvrir qui elle est, disait la mechante belle-m^re, nous serious perdues; il nous tuerait toutes les deux ; ne lui en parle '
— Non, ma m^re, r6pondit C6sannc.
l.p l^ntjem^in, le capitaipe dit ;
23^ U CHfiYRE BUNCHE.
— II faut retourner aux ruines ; nons lui porteroiis un panierde provisions, et elle consontira peut-6tre k nous suivre,
Les Toil^ partis tous les trois ; mais d5s (jue la ch^vre blanche aperQut sa belle-m^re, au lieu de b6Ier comme k Tordinaire, elle s'enfuit, et alia se cacher,
— G'est bien singulier, dit le capitaine, que cette ch^vre qui nous a fait tant de caresses les autres jours ne veuille plus nous voir aujourd'hui !
II alia tout seul darns les ruines, et la petite ch^vre venait le caresser en b61ant; mais d^s qu*elle voyait sa belle-mere, elle devenait trisle et courait se cacher.
— II faut, dit-il k sa femme que tu aies fait quelque chose k cette petite ch^vre.
— Moi ! rfipartit la m6chante bellem^re, c*est la premiere fois que je la vois, et jamais je n'^tais venue k ce vieux ch&teau.
Ce jour-1^ encore, ils ne purent Temmener.
Le capitaine fut malade et oblige de se coucher, de sorte qu'il resta huit jours sans retourner k la chasse aupr^s du ch&teau; d^s qu^il put se lever, il y alia et regarJa s'il voyait la petite ch^vre blanche, mais il ne I'apergut pas et se dit :
— La pauvre petite ! sans doute quelqu'un Taura tu6e.
II la chercha, et finit par la trouver, k moiti^ morte, cach^e sous un buisson. Elle 6tait aussi tombie malade du chagrin qu*elle avait de ne plus voir son pfere.
— Ah I te voil^, lui dit-il, ma pauvre petite chfevre, je croyais que Ton Vavait tu6e.
— B6e, r6pondit-elle d'une voix plaintive,
L\ CaEVRE BLAKCDE. 233
II lui doDna k manger idu paia gu'il avail dans sa
gibeciere, il' lui Qt boire un pen de vin, et etie se
trouva mieux.
Quelques jours apr^s, il se mit en route pour aller
la voir, et en approcbant des mines, il rencontra,
mais sans la reconnaitre, la marraine de sa Dlle.
— AUez-vous k la chasse, beau chasseur? lui demaoda-t-elle.
— Oui, rtpondit le capitaine, et vous?
— Je n'y vais pas, je suis venue au devant de vous.
— Je vais, dit le capitaine, pour voir une jolio petite chfevre qui est dans lea ruines du cb&teau : elle vDus appartient peut-Stre?
— Non, r^pondit la Ue; elle est i vous ; est ce que T0U9 ne I'avez pas reconnue k la petite marque qu'elle porle k I'oreille?
Le capitaine songea aussilOt k sa fllle qu'il cpoyait morte, et il tomba sans connaissance, car il pensa que c'^tait peut-6tpe elle qui avail et6 emmorpbO£§e. La f^e le secourut, et, quand il eut repris connaissance, elle lui raconta ce qui s'^tail passS. '
— Est-ce que vous oeTavez pas reCGiirme?dit-elle.
— Si, reparlit le capitaine, j'ai bien ilcs fois dit qu'elle avait !es yeux comme ma pauvre pelite Euphrosine, et qu'elle avait comme elle uno m^irque k I'oreille.
— Avaot de partir pour un long voyage, dit la f^, je lui avals donn6 une bague et une bagucLle pour la preserver des m^cbancel^s de sa belle-intre; car je savais qu'elle voulait I'emmorphoser; cllo lui a enlevS la bague et la baguette, et ensuite elle I'a Tail passer pour morle.
— Oui, j'ai rcQUcettenouvelle, et j'enaieubier cbagrin.
— Elle est emmorpbos^e eu cb^vre blancbe,
* . tf.
Lk GHfiVRE fiUNGHE. . 235
cheval et se dirlgea bride abattue vers les ruines.
II y trouva la f^e qui rattendait; et il lui donna ce
qu'il avait pris h safemme.La f^eposapar terre devant
la petile ch^vre la bague et la baguette, et lui dit :
— Voil^ les objets que je t'avais donnas pour te metlre k Tabri des m6chancet6s de ta belle-m&re; touche-les avec le pied.
La petite ch^vre mit un pied sur la bague et Tautre sur la baguette; aussit6t elle fut d6morpbos6o, et, de ch^vre blanche, elle devint une belle jeune fille :
— Me void, mon p5re, lui dit-elle en Tembrassaut.
— Ah I Euphrosine, s*6cria-t- il, comrae je suis heureux de te retrouver !
Elle embrassa aussi sa marraine la fee, puis elle relourna h la maison de son p6re ; en y arrivant, elle sauta au cou de Cfisarine, qui fut tr^s aise de la revoir, car elle aimait bien sa soeur et ne lui avait jamais fait de mal; mais la m^chante belle-m^re ^lait all6e se cacher.
— Oil est ta mfere, G6sarine? demanda le capitaine.
— Ah! papa, r6pondit-elle, je ne vous dirai pas ou elle est, car vous voulez tuer maman.
Le capitaine chercha partout, sans pouvoir trouver sa femme ; mais il pensa h. faire parler la baguette, et la baguette dit que la m^chante s'6tait cach^e dans la chemin6e. *
Le capitaine fit monter un ramoneur sur le haut de la raaison pour boucher la chemiu6e ; il mit vingt-cinq fagots dans le foyer, et briUla sa m6chante femme.
Quand elle fut rotie, il resta k demeurer avec ses deux filles; ils v6curent heureux tons les trois, et s'ils ne sont pas morts, je pense qu'ils vivent encore.
Cont^ en 1880 par Rose Renault de Saint-Cast. Elle a r pris ce conte de sa m^re, morte en 1829.
lES FACfiTIES ET LES BONS TOURS
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JEA>>T LA DIOTE »
ll^tait une fois on bonhomme et one bonne femme qui n'ayaient qo*one filie : eile arait enrie de se leaner, mais elle ^tait toate diote.
Un dimanche, son galant devait renir apres la ^rand^messe poar la demander a ses parents Sa ni^re lui dit :
— Jeanne, poisqne ton bon ami doit diner ici, il fiiut lui fairede bonne soape; Toili an beau morceau <ic lard, tu le metlras dans la marmite arec un petit de tout et tout dedans, et tu graisseras les cbonx:
La fille resta senle k la maison, ou il y avail un pelit cbien qui s'appelait Tout-et-Tout, elle le prit et iourra dans la marmite.
Quand sa mere revint, elle lui demanda si elle avail fail de bonne soupe :
— Qui, repondit la fille, j'ai mis Tout-et-Tout dedans comme vous m'aviez dit.
La bonne femme souleva le couvercle pour goiller la soupe :
— Comment dit-elle, ma pauvre Jeanne, tu as mis le chien dans la marmite ?
-— Ne m'aviez vous pas recommand6 d'y mellre Tout-et-Tout ?
— Es-lu diote? si ton galant savait que
(1) La simple^ rinnocente.
2i0 JEAIfNK U DIOTE.
adiezi, 'T il ne Toadrait certaioement pas de toi. Mais laisse ta manBite, et mets des peux (2) sur le Tea, pendant que je Tais aller chercher de Teau. Tu les dtodleras, et tu rera3 attention ii ce qu'ils soient bien liants.
La fille aTaitbean remner, ses pens n'^laient point liants cpmme elle anrait Tonln, et elle mil dedans da reparon de chanTre pour les lier.
— Tespeox sont-ils bien liants? demanda sa m5re.
— Oni, regardez.
Qnand la bonne femme vit le chanvre dans le hassin aox peux, elle leva les bras au del, en s*£criant:
— Cad adorable! que ta es done diote, Jeanne! mais la messe est finie et ils Yont arriver ; mets sur la table da pain et da beurre.
Qaand le bonbomme revint de la grand'messe aTec le galant et ses parents, la bonne femme lenr dit:
— Nous n'aYons pas eu le temps de preparer un grand fricot; nne autre fois nous ferons mieux. La fille a i\t toule la malin6e occup^e apr^s sa vache qui mouchait (3). Jeanne, ajoula-t-elle, va-t-en au cellier chercher une briquee de cidre.
La jeane fille mit lepichet sous la chante-pleure et Toumt, puis elle se mil k penser :
— Je Tais me marier; mais si j'ai des gargailles, quel nom pourrai-je leur donner : tous les noms qui sont pris I
Gomme elle ne trouvait poiat moyen de r^soudre 'stion difficile, elle restait au cellier, assise
k tromper, innocente.
1 de bl^ noir.
urment^Q par les mouches.
JEANNE U BIOTE. 24i
sur ses talons, etlecidre, qui a,vait rempli le pichet, coulait par la place..
La bonne femme, inqui^te de ne pas la voir revenir, vint au cellier.
— Que fais-lu lit, ma pauvre diote, assise tranquillement tandis qae le cidre court partout?
— Ah ! ma m^re, ce n'est pas tout de me marier : si j'ai des gargailles, quel nom leur donnerai-je, tons les noms qui sont pris I
La bonne femme, aussi embarrass6e que sa fiile, se mit aussi k penser, et le cidre continuait de couler.
Le bonhomme vint h son tour au cellier voir ce qui fetait arriv6 :
— Que faites-vous done li, mes pauvres diote$t ne voyez'vous pas que le cidre court partout ?
— Tu dis bien, r6pondit la bonne ferame; ce n'est pas tout de marier notre fille : si elle a des gargailles, quel nom leur donnera-t-on, tous les noms qui sont pris I
Le bonhomme se mit aussit6t h. penser, sans songer k fermer la chante-pleure, et le cidre continuait de couler.
Le garQon attendit pendant quelque temps, puis il alia au cellier voir ce qui 6tait arriv6. II les trouva tous les trois en train de r6fl6chir.
— Que faites-vous ! s'6cria-t-il; pendant que vous 6tes \k. la goule sous le nez (1), tout votre cidre court dans la place I
— Tu dis bien, gargon, s'^cria le pere; mais si tu le maries, quel nom donneras-tu h. tes garQailles : tous les noms qui sont pris !
— Ma foi, dit le gargon, quand j'aurai tror' ' personnes aussi b^les que vousjereviendr?
(1) La bouche sous lu n'z ; cela veut dire 6tre ^l^alii
lUVJti U DtOTE.
II sc mit en roale, et apr^s aToir cbemini quetque temps, it rencoDtra des geos qni 6taieiit i faire la moissoD : ils coapaient nn ^pi de hli, pais le poruient chez eax, reTenaient en cooper nn secoDd, et continuaient toajoars ainsi.
— A qnelle sorte de jea vons amusez-Tous? !eur demanda I'ancien galant de JeanDe.
— Ce D'est point, no jeu dircnt-its, nous scions notre bI4 !
II avail trouT^ one Taucille, avec laquelle il coupaderaat eax nne javelle, puis il la leur doiiDa en di^iDt :
— Void avec quoi scier votre bU, et comme cela Tous n'en anrei pas poor [ongtemps.
— Qo'est-ce que cette Wte-li ? dil un des labou-
II la prit dans sa maiu, maU an lieu de la tenir par le roancbe, il la prit par la lame el il se coupa.
— La Tilaine Mte, secria-t-il. elle m'a mordu. II la jeta par terre et se mit k In Trapper.
— Ma foi, dit le gari;oo, si je trouve encore deux persuniiL? iniime vons, je retournerai voir Jeanne.
^ius loin, il rencontra une bonne femme qui
' \H emmeuer chei elle une brouelte pleine de
rnais dus i|ue la brouelte passait ik I'onibre, la
^isparaissait, et elle recommen^ait.
tes-vuus & faire U, ma bonne femme?de-
ludr^is rapporterdu soleilcbez moi, picin ite, niais c'est difficile, car d^s qne j'arrive ibre, il s'en va.
JANVIER ET FfiVRIER. 281
— Bonsoir, dit-elle, voulez-vous me donner un peu depain?
— Ah 1 ma pauvre fille, rfpondit la mfere dii tailleur, nous n*avons k la maison que trois ou quftlre palates bien s^ches.
— Ne poiirriez-vous au moins me donner i!i coucher?
— Vous coucher? nous n'avons pour lit que quelques glons de feurre (i).
A ce moment, le tailleur arriva, et voyant le maigre souper, il dit k sa m^re :
— Tu n'as que cela pour souper, vieille bonne female? qu'est-ce que fait ici cette pauvresse, metsla dehors I
La fiUe s'en alia chez elle, el le lendemain, deguis^e en chercheuse de pain, elle se pr^senta li la m^tairie de Janvier.
— Bonsoir, dit-elle, voulez-vous me donner un peu de pain par charit6 ?
— bui, ma lille,enlrezdonc, dit la mfere de Janvier. Elle lui coupa un beau chanteau de pain ; la fille
la remercia et lui dit :
— Pourriez-vous me coucher pour la nuit ?
— Oui, r^pondit la fermifere.
Le lendemain matin, quand la fille fut lev6fe, la bonne femme lui dit :
— Vous 6tes jeune et forte, vous pourriez bien ti*availler.
— C'est vrai, r^pondit la fille, mais je ne Irouve point d'ouvrage.
— H6 bien, restez ici; demain nous avons beaucoup de monde pour un d6frichement; cela m'arrangerait bien si vous vouliez m'aider.
La fille se mit k soigner led vaches, k les tirer, k
(1) Bottcs de paille.
m JEANNE LA DIOTE.
— Mafoi, dit le galant, j'ai joliment ri dans mon voyage.
lis se mariferent; le bonhomme et la bonne femme leur donnferent une vache et des brebis^ et ils all&rent se loger dans une maison h c6t6.
Cont^ en 1880 par Joseph Mac^, de Saint-Cast, mousse, kg6 de U ans.
Une vieille femme de Saint-Cast, Marie Durand, 4g6e de 80 ans, m'a cont6 aussi ce conte, avec de l^g^res variantes :
La bonue femme qui courtine (porto dans une brouette) le soleii, r^pond ;
— J'ai trois petites garQailles k mourir de froid dans mon foyer ; d^s que le soleil y est entrd il s'en va.
Le galant rencontre ensuite un bonhomme qui avait mis une ^chelle le long de aa maison, et qui tirait sa vache par la queue pour la faire mooter k manger une touffe d*herbe qui se .trouvait sur le toit. Dans les contes similaires d'autrcs pays, ce dernier Episode est assez frequent.