MIS&RE
mirent h manger les noix ; quand Mis^re fut pr6t, il vint sous son arbre et se mil k se moquer du diable qui ne pouvait descendre. .
-^ Laisse^nous aller, Mis^re, criait le diable, je te donna encore vingt ann^es h vivre et de Targent k discretion.
Misere laissa descendre les diables ; mais vingt ans sepassent vite quand on ne s*ennuiepas et qu'on a le goosset bien garni. Le cbef des diables, Pl^tus, vint pour prendre Misere, et amena avec lui tous les
I diables deTEnfer.
I — Je suis pr6t, dit M is&re ; mais on m'a assure que tu te rendais petit k volont6; est-ce que c'est vrai?
■ pourrais-tu entrer dans le corps d'une fourmi, toi et
' tous tes diables?
— Oui, r6pondit Pl^tus.
} Aussit6t, au lieu du diable et de tous ses sujets,
I Misere vit une fourmi qu'il se hita de fourrer dans sa blague ; puis il la posa sur son enclume et se mit k frapper dessus jusqu*^ ce qu*il eti mouiI16 sa chemise, et tous les jours il recommenQait.
Gependant il n'y avait plus sur terre ni guerre ni dispute parce que le diable ne tentait plus le monde ; chacuu 6tait heureux, except6 les procureurs qui crevaient de faim. lis vinrent se plaindre au roi qui finit
; par savoir que Misere tenait tous les diables d'enfer dans sa blague k tabac. 11 lui ordonna de lecher les diables pour empfecher ses procureurs de crever de faim, en le menagant de le pendre s'il n'ob^issait pas. Misere, qui avait peur pour son cou, l^cba les diables k la condition quMls ne viendraient plus le. chercher. Aussit6t les guerres et les disputes recommence rent : les procureurs gagnaient de I'argent k sach^es, etleroi 6tait content.
^:-ii^ i:iiu 2^' 3L«:«mr. ct ii arma a la porte du >^Tii.:r. :-ii'^- iji sio. 3e*;L: chlen Paavrele. II frappa : p-ic. ?-i-i ±c SI T. ?j*rr* lint loi oaTiir.
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— Y I J. !:> 1 «L> i^sjsez de petits p6ch6s et trop de
'S 'i^ jz-rn^k Ij. i*:c^^ aa nei, el Misdre se rendit k Ji!ii"iri in ic'rj. Ife qic ie portier i'aper^at, il se
— 5. •: .'^-.;:c- >it->fr*. jaoiais tu nentreras ici, tu x*:*i:< i^ ;r.c ^L-ex imiif^sqaand nous 6Uons dans ta
M. >.':.'* rfo*50£^i;; sur la leite, et il y est toujours r^>^i ^rT-:-> e:: c^:i.;Arn:e de son petit chien Pau-
ijii u i'L NSl j»i: . <>t'j 1 M&.Y, de Saint-Cmst, mousse. 4ge
r in> mfi* T/»^i;m* iri^Ttk L : f-natu.^e oraU de la Haute-BrejATw. T> .^jw ^ A. ikiiKje stfK le mt-me titre on conte dont le
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LA CHARRETTE MOULINOIRE
LacharretteMoulinoire passait autrefois la nuit par Pi^venon : douze cochons, six grands et six petits, y ^taient atte16s, et la trainaient en grognant constamment. A c6t6 de Taltelage se trouvait un homme qui le conduisait en criant : « Gare la \k du limonnier I gare la \k du limonnier (1)! »
Get homme 6tait, disait-on, le diable, h qui appartenait la charrette: il emportait les personnes qui ne se d^rangeaient pas quand elle passait, eton n'entendait plus parler d'eux.
Quand elle versait h la porte d'une maison, on pouvait 6tre silr que dans la quinzaine un de ceux qui rhabitaient mourait. On disait aussi que les personnes qui avaient pris place dans la charrette 6taient Torches de « se mettre en bStes )>, toutes les nuits et de courir jusqu'^ ce qu'elles eussent ^t6 bless^es h la t^te. EUes 6taient alors d6livr6es.
Un habitant de P16venon passait le soir dans un chemin, lorsqu'^ un detour, il rencontra Thomme k la charrette Moulinoire qui la conduisait en r^p^tant comme d'habitude : « Gare la \k du limonnier 1 »
(L) Gare la voie du cheval de limon !
278 LA CHARRETTP MOULINOIRE.
— Je me moque pas mal du limonnier I rdpondit le gars qui avail p^ut-6tre bu un peu ce jour-lk, et d*ua coup d'^paule, il renversa Tattelage qui alia rouler dans le foss6.
Le couducteur lui dit :
— Relfeve ma cliarrette ou demain tu seras mort. II s'en alia, et le pauvre homme passa toute la nuit
h essayer; mais quand elle ^tait relev^e d'un c6t6, elle retombait de Tautre. Au point do jour, il finit pourtant par la relever, et aussit6t elle disparat : il 6tait temps, car il n'en pouvait plus,
Un autre homme la renversa aussi, et le limonnier Ittl dit :
— » Si la charrette n'est pas relev6e avanthuit jours, tu es perdu.
L'homme alia h confesse, et il raconta au pr^tre qu*il avait renvers^ la charrette Moulinoire, et il lui demanda comment il pourrait faire pour la relever sans courir de danger. Le pr^tre lui conseilia de prendre dans son berceau un enfant de six mois et de le porter avec lui, assurant qu*en agissant de la sorte il ne lui arriverait aucun mal.
Le soir venu, Thomme alia chez une de ses voisines qui avait un enfant de six mois; il la pria de le lui donner pour quelques minutes, et il se rendit k Tendroit oh la charrette Moulinoire ^tait vers6e.
D'une main il tenait Tenfant, et de Tautre il releva la charrette; il entendit alors une voix qui lui cria :
— Tu peux aller remercier ceux qui font donn6 de bons conseils ; si tu ne les avals pas suivis, tu ne serais plus.
Une femme qui se rendait un soir k une veill6e fut trfes surprise de trouver k la porte de la maison oil elle allait une petite charrette attelte de douze co-
- U CBAHRETTB HOULINOIRE. 279
choDS. Elle voulut mettre la main dessua pour I'^carter de sa route; mais, tout k coup, la petite charrette s'^leva dans les airs et disparut. G'^tait encore la charrette Moulinolre.
Uu autre homme qui avait aussi insult^ le limon- Qier fut poursuivi jusqu'& sa maison par des lances de feu.