‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 9 sur 91 · LA FLEUR DU ROCHER · texte numérisé non relu

LA FLEUR DU ROCHER

II y avail une fois un soldat qui s'appelait Jean Gate ; il £tait en garnison au fort de la Gorbidre, et, quand il n'6tait pas de service, il descendait le long de la falaise et allait p^cher sur les rochers qui sont au pied du fort.

Un jour qu*il p^chait h la perche sans prendre grand'chose, il eut envie de visiter la Houle de la Gorbi^re, dont il entendait souvent parler.

— On pretend, disaitril, que des Kes lliabitent; je serais curieux de voir leur demeure.

II alia du cotd de la Houle; mais, comme il descendait les rochers qui forment les cdt^s de la tranch^e au fond de laquelle est la grotte, le pied lui manqua, et il tomba d'une graUde hauteur sur de gros cailloux. Dans sa chute, il s*6tait meurtri tout un c6t^, et il resta dans le fond de la tranchie, ne pouvant plus remuer et sans connaissance. Quand il rouvrit les yeux, il vit aupr^s de lui une jeune femme qui lui dit:

— Eh bien I mon pauvre Jean Gate, ta curiosity t'a cotlt6 Cher.

— Ah ! ma bonne Yierge, r^pondit le soldat, est-ce Yous qui 6tes venue h mon aide ?

-^ Je ne suis pas la bonne Yierge, dit la jeune femme, mais une personne qui veut te porter secours .

— Je suis un homme mort, r6pondit Jean Gate : je suis meurtri des pieds k la t^te.

32 U FLEUH DU ROCaER.

— Si tu Teuz me promettre de ne pailer k &me qui vive de ce que je vais te fairo, je te gu^rirai.

— Oui, je le jure sur ma vie.

La jeune femme prit dans aapoclie una bouteille, el avcc longuent qu'elle contenait, eile se mit k frotter Jean Gate sur loua les endfoits 06 11 avail eu mal. Quand elle eut fini, il se trouva gu6ri, et aussi dispos qu'avant sa chute ;

— Maintenant, lui dit-elle, que la curiosity no te ramfene plus oil tu n'as que faire.

Jean Gate peusait bien que la dame 6tait une des fSes de la Houle; il lui dit :

— Comment pourrai-je vous monlrer ma reconnaissance?vons m'»\ex sauv^lavie,

— Je ne te demande rien, mon ami, rien que le silence sur ce que tu as vu.

— Pourrai-je au moins vous revoir quelquefois ? Dites-moi quel est votrenom,

— Tu lesauras plus tard et tu mereverras; mais si Lu te vantes de ce que tu as vu, tu mourras.

Jean Gate retonrna au fort ; il ne park point ^ ses camarades de son aventure ; mais il pensait toujours <t lajolie dame qui I'avaitgu^ri, ettous les jours, en fais^tnt son service sur les parapets du fort, il regardait dii c6t£ de la mer s'il ne I'apercevrait point. 11 ne la revit pas, mais souvent il voyait des bonnes femmet^, vieilles comme les chemins et blanches comme la neige, qui ^tendaient du linge sur les gazons de la falaise.

Une semaine apr^s, un jour qu'il n'^tait pas de % il aper^ut la dame, et il se hfkta de sorUr du

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