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LES FROIS FIESTDU" SULTAN"
fils d'âge à se marier.
Le sultan se concerta avec son vizir sur les
{: y avait une fois un sultan qui avait trois
moyens à employer pour les marier selon leur rang.
Ils convinrent que les trois princes monteraient sur la terrasse du palais? d’où chacun d'eux tirerait une flèche au hasard. Les maisons sur lesquelles ces flèches tomberaient seraient marquées, et le sultan demanderait au propriétaire de chaque maison sa fille en mariage pour le prince à qui aurait appartenu la flèche tombée sur sa maison.
1. Publié dans le Bulletin de l'Institut égyptien, 2*:série,}nt 511884; .p4 8,
2. Toutes les maisons, ainsi que les palais et les monuments publics en Egypte, Sont couvertes de toits plats qui forment terrasse sur laquelle on peut monter et se promener à l'aise ou s'en servir pour les besoins du ménage ou pour l'agrément des habitants de la maison.
104 LES FOLK-LORES EN ÉGYPIE
À la suite de cet arrangement, un jour, le sultan avec toute sa cour, accompagné de ses trois fils, qui portaient chacun son arc et ses flèches, montèrent sur la terrasse.
Les princes lancèrent chacun une flèche au hasard.
La flèche du prince aîné tomba sur la maison d’un haut dignitaire de l'Empire.
Celle du second tomba sur la maison d’un général.
Quant à la flèche du prince cadet, elle alla tomber sur une maison où il n’y avait qu'une grosse tortue.
Le sultan ordonna à son fils de recommencer l'expérience. La flèche lancée par le prince tomba encore sur la maison de la grosse tortue solitaire.
Le sultan, qui était fort contrarié, ordonna une troisième épreuve qui amena le même résultat !
Le sultan décida que son fils cadet ne se marierait pas du tout; mais le jeune prince insista, disant qu'il consentait à se marier avec la grosse tortue.
Le sultan, pour ne pas le contrarier, re-
vint sur sa décision et donna son consentement.
Les fêtes pour les noces du prince aîné et du
second prince commencèrent; on les maria avec pompe et éclat l’un après l’autre.
Lorsqu'on s'occupa des noces du cadet des princes avec sa tortue, ses deux frères aînés et leurs femmes refusèrent obstinément d'y paraître, ce quifit que ces troisièmes noces furent beaucoup moins brillantes que les premières.
Bientôt après ces réjouissances et tant d'émotions, le sultan tomba malade; il perdit complètement l'appétit et presque entièrement la vue.
Ses fils, fort inquiets et espérant lui rendre l'appétit, lui firent de grands éloges de leurs cuisines et lui conseillèrent d’en essayer.
Le sultan, après s'être fait beaucoup prier, consentit à ce que chacun de ses fils lui envoyât un #abla? complet pour essayer et voir si vraiment son appétit lui reviendrait.
1. Le fabla est un plateau en général en bois d'environ 60 à 80 cent. de diamètre, sur lequel on
Tous les princes se réjouirent à cette décision du sultan. Mais comme le prince cadet paraissait le plus content, ses deux frères aînés se moquèrent de lui et lui demandèrent ce que sa grosse tortue pouvait bien envoyer pour exciter l'appétit du sultan et lui donner envie de manger.
Cependant les deux princes aînés coururent chez eux, pour dire à leurs femmes la volonté du sultan, Chacun recommanda à sa princesse de veiller à ce que le Sultan fût induit, par
range les mets qui doivent être servis sur la table. Tous les plats sont couverts. Le fabla lui-même est couvert par un couvercle en osier ou en cuir de forme conique. Le tout est recouvert d'une étoffe. Le serviteur marmiton transporte le tabla sur sa tête depuis la cuisine jusqu’à la salle à manger des hommes ou à la porte du harem, si le diner est pour les femmes.
Une fois dans la salle à manger, des serviteurs servent les plats sur la table les uns après les autres.
Un tabla complet est celui qui contient plusieurs services composés de rôtis de viandes, légumes, poissons, pâtisseries au beurre et pâtisseries au sucre ou au miel et des entremets sucrés.
Le pain, les salades, les hors-d'œuvre. les fruits et les confitures sont servis sur la table même.
Fodorat et la vue à préférer les mets préparés par elle à ceux de l’autre princesse.
Aucun des deux princesne pensa à la grosse tortue à qui son mari faisait en même temps la commission du sultan.
La tortue se mit immédiatement à l’œuvre.
Elle envoya à sa belle-sœuraînée sa servante de confiance avec la mission de lui demander instamment tout le crottin de rats et de souris dont elle pouvait disposer, pour les mettre, devait-elle luidire, sur le riz et les autres mets, en guise de poivre et d’autres condiments.
De Ià, la même servante devait se rendre chez la seconde princesse, et lui demander de la colombine pour assaisonner ses plats. Les deux princesses refusèrent de rien donner, disant qu’elles-mêmes n’en avaient pas assez pour pouvoir en donner à leur belle-sœur. La seconde princesse ajouta même que (lhorrible tortue devait réfléchir avant de (la déranger dans son coup de feu », ainsi que d’autres propos désobligeants à l’adresse de sa bellesœur.
La servante rentra chéz sa maîtresse la tortue, sans avoir pu rapporter autrechose que
les discours malveillants de ses bellessœurs.
La grosse tortue qui venait de finir son dîner et qui était en train de ranger les plats sur le tabla, riait de bon cœur en entendant sa servante lui rendre compte de ses commissions et de son insuccès.
Les trois tablaarrivèrentau palais du Sultan à l'heure du diner. ‘
On lui présenta d’abord les mets préparés par la princesse aînée.
Au moment où on découvrit le premier plat, une odeur fétide et nauséabonde de. crottin de rat s’en échappa; le Sultan se trouva mal et s’évanouit. On s’empressa autour de lui et on enleva le tabla tel qu'il était. Dès que le sultan revint à lui-même, il éclata en imprécations contre sa bru et ne voulut plus rien manger.
On le décida cependant à essayer du second tabla. Il consentit, mais lorsqu'on découvrit le premier plat, l’odeur infecte de la colombine prit le sultan à la gorge; ses yeux larmoyèrent ;