En général au coucher du soleil, c'est-à-dire
à 12 heures, selon la mode orientale de compter les heures.
il pensa qu'on en voulait à ses jours et qu'il devenait tout à fait aveugle.
On se hâta de desservir le second fabla, et on brûla des parfums pour purifier l'air.
Quand on annonça au sultan que la grosse tortue avait aussi envoyé un fabla, le sultan entra dans une nouvelle fureur; les deux princes aînés firent des observations injurieuses sur l’habileté culinaire de la femme de leur cadet. Mais ce prince n’y faisant aucune attention, et animé du désir de voir le sultan rétabli, insista avec tant de prières et si humblement, que son père, radouci, consentit à essayer du dernier fabla.
Dès que l’on découvrit le premier plat, le sultan sentit son appétit lui revenir,ses yeux s’ouvrirent et il mangea comme il ne l'avait pas fait depuis des jours.
Le sultan satisfait décida qu’à l'avenir la grosse tortue lui enverrait tous les jours son diner.
Bientôt 1l se rétablit complètement.
Pour fêter cet heureux événement du rétablissement de sa santé, il convia ses trois fils et leurs femmes à un festin.
Les trois princesses se préparèrent à paraitre dignement devant le sultan.
La veille du jour du festin, la grosse tortue envoya prier sa belle-sœur aînée de lui prêter pour le lendemain une grosse oie qu'elle avait, « pour qu’elle puisse, faisait-elle dire, aller au palais montée sur cette belle bête ».
La princesse fit répondre qu’elle n'avait qu’une.oie et qu'elle la gardait pour son usage personnel.
La tortue envoya alors chez la seconde princesse lui demander son bouc. Celle-ci se fâcha et répondit qu’elle en avait besoin elle-même.
Le jour du festin, tous ceux qui étaient à la porte du palais, pour recevoir les princesses, virent tout à coup un nuage de poussière s'élever au bout de la rue; bientôt ils aperçurent au milieu de ce tourbillon une oie se dandinant d’ici de là et battant des ailes:
lorsqu'elle se fut rapprochée du palais, on aperçut juchée sur son dos la femme de Chater-Aly qui vint descendre sur le marchepied de la porte du palais.
Le sultan était vexé de voir ainsi sa bellefille aînée servir de risée à toute sa Cour. Il
n'avait pas finide morigéner cette princesse, que la femme de Chater-Husseyn apparut au bout de la rue, montée sur un bouc qui venait vers le palais tout en bélant.
Le sultan éclata enréprimandeset eninjures contre ses deux brus.
À peine le sultanétait-il remisde sondéplaisir, que des coureurs annoncèrent l’arrivée d’une princesse, -
Dans un nuage de poussière, le Sultan aperçut d’abord un superbe palanquin, précédé par de fortset beaux saïs' habillés splendidement. Ce superbe équipage s’approcha du palais, une femme en descendit; personne ne la reconnaissait.
Tandis que le sultan admirait l’ordre et la richesse de l'équipage et qu'il se demandait qui cela pouvait être, on lui annonça la femme de Chater-Mouhammed ! Il fut surpris de la surprise la plus grande.
Il fut émerveillé de la beauté de la troisième princesse. Îl ne cessait de s’extasier devant sa grâce, son tact, et de louer son charme, au