‹ Contes populaires inédits de la vallée du NilChapitre 3 sur 39 · ÉTUDE SUR LES · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUR LES

sont-ils nombreux et fort ingénieux. Ceux qui écoutent sont aussi naïfs et aussi ingénus que les conteurs eux-mêmes.

Ils prennent un vif plaisir à entendre un conte, ils s'intéressent à l’action et rient ou pleurent, se réjouissent ou se fâchent selon que le conte est plaisant ou triste, moral ou immoral.

Il est merveilleux de voir combien, chez ce peuple fort doux et absolument pacifique, les actes de courage à la guerre sont appréciés.

Pendant le*mois de Ramadan, les conteurs publics, s’accompagnant sur leur ribab, content et chantent des poèmes héroïques; les auditeurs prennent parti pour ou contre.le héros, et il n’est pas rare de voir surgir des combats à la fin de la soirée.

Une partie de l’auditoire ordonne au conteur de tuer tel guerrier; l’autre partie le lui défend. On en vient aux mains. Le conteur profite de la bagarre pour se sauver; mais, comme il est soucieux de ménager les sentiments de son public, le lendemain soir, grâce à son ingéniosité, les deux héros sont de nouveau en présence, chacun bien en vie.

Ce sont là de véritables représentations théâtrales, sans costumes et sans action, dont les nombreuses péripéties se déroulent au moyen de la simple parole. Au lieu de lire, on écoute et on s'intéresse au roman par l'oreille.

En général, le fond des contes est gai, sauf chez les Égyptiens chrétiens, les Coptes, dans les récits desquels domine souvent une note triste et mélancolique; produite sans doute par cet état d'âme que les théologiens d'Alexandrie ont nommé la délectation morose, dès les premiers siècles de notre ère.

Il ést encore à remarquer que, dans les contes de ces Égyptiens chrétiens, les saints tiennent un rôle assez important.

Autre fait également digne de remarque, c'est que, lorsqu'il s'agit de persécutions religieuses, ces mêmes Coptes ne se souviennent que de celles des Romains et des Byzantins chrétiens. Jamais je n’ai entendu accuser les Musulmans de ces persécutions terribles et barbares, dans ces sortes de contes.

Au contraire, je connais même une légende, tirée de la Vie des Saints, dans laquelle la disparition de l'illustre Hakim-bi-Tur-Illah,

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