X PREFACE
vieille pauvresse qui leur eût donné l'hôs-
pitalité.
La chanson malgache, dont quelques spécimens terminent ce volume, n'existe à proprement parler qu'à Pétat d'air. Les paroles changent avec le chanteur. Elles sont généralement improvisées sans aucun souci de rime ni de mètre. La poésie est du reste inconnue à Madagascar.
La musique malgache est au contraire fort intéressante. On y trouve comme dans la nôtre, les deux modes majeur et mineur (celui-là est le plus ordinairement employé) et les tons et demi-tons. Le quart de ton ne se rencontre jamais. Je n'en ai, en tous cas, trouvé aucun exemple dans les nombreuses chansons que j'ai entendues pendant six ans de résidence sur les deux côtes de Madagascar. Les airs malgaches sont faciles à noter ; et il est préférable — j'en parle par expérience — d'adopter la tonalité de fa majeur, dont je me suis servi pour le rondeau suivant. La mesure manque le plus souvent; et le maître de chant dirige ses choristes en battant des mains pour en tenir lieu. Dans le rondeau que j'ai reproduit, le commencement et la fin doivent se chanter allegreto,