LES SEPT FRÈRES QUI VEULENT
ÉPOUSER RAMITOVIAMANDRENINY l
(Imcrina)
Il y avait, dit-on, dans un village, sept frères de la même mère qui étaient rivaux l'un de l'autre. Ils apprirent, un jour, qu'il y avait une femme du nom de Ramitoviamandreniny 2 qui était fort recherchée, mais que personne n'avait encore pu épouser.
Les sept frères partirent à sa recherche avec l'intention de la prendre pour femme. En sortant de sa case, l'aîné rencontra une mouche
i. Le texte de ce conte m'a e'té dicte par un Hova de Tana* narive.
2. Ra, particule ; mitovy, semblable ; amandrcniny, à, s& mère.
LES SEPT FRÈRES Io3
qui lui dit : « Où vas-tu, l'aîné? » — « Je vais prendre Ramitoviamandreniny pour femme, répondit-il. » — « Donne-moi un peu de miel, reprit la mouche, et je t'indiquerai un moyen pour arriver à ton but. » — « Que sais-tu, mouche, reprit l'homme, si ce n'est te vautrer sur les ordures. » Et il s'en alla. Il rencontra ensuite une guêpe qui lui dit : « Donne-moi du miel, et je te dirai comment tu pourras épouser Ramitoviamandreniny. » — « Guêpe, répondit l'homme, tu ne sais rien autre que te reposer sur des choses malpropres. » Et il continua son chemin. Ensuite une alouette lui demanda où il allait : « Je vais épouser Ramitoviamandreniny $ répondit l'aîné. » — « Jette-moi un peu de riz blanc *, reprit-elle, et je t'indiquerai le moyen de l'obtenir. » — « Tu n'as pas honte, répondit l'homme, toi, si petite, de m'offrir ton appui. » Et il poursuivit sa route. « Où vas-tu, lui demanda un porc qu'il rencontra? » — « Je vais prendre pour femme Ramitoviamandreniny, répondit-il. » — « Donne-moi des patates, du manioc et du son, reprit le porc, et je t'indiquerai le moyen de l'obtenir. » — « Qu'as-tu à me conseiller, toi qui passes ton temps à fouiller les ordures avec ton groin. » Et il continua sa route. Apercevant une mare d'eau, l'homme
i. Riz décortiqué.
alla se baigner. Un grèbe qui se tenait sur l'eau lui dit : « Où vas-tu? » — « Je vais prendre pour femme Ramitoviamandreniny. » — « Donne-moi du riz blanc, reprit le grèbe, je te la ferai épouser. » — « Quel conseil as-tu à me donner, toi qui ne sais que t'amuser dans Peau. » Et il continua son chemin. Il arriva enfin auprès de Ramitoviamandreniny. Celle-ci ressemblait tellement à sa mère qu'on ne pouvait deviner laquelle des deux était la mère ou l'enfant.
L'aîné dit au père et à la mère de la jeune fille : « Parvenez à la vieillesse, seigneurs ; et soyez exempts de maladies. Je suis venu pour chercher Ramitoviamandreniny et la prendre pour femme. » — « Je le sais, répondit le père; mais tu ne pourras pas arriver à l'épouser. » — « Pourquoi, reprit l'homme? » — « Allons ensemble dans les champs, dit le père. Je vais jeter du riz blanc; et si tu peux compter les grains sans te tromper, je te donnerai la main de ma fille. » Le père jeta le riz à la volée et retourna chez lui. L'aîné ne put pas arriver au bout de sa tâche. Il revint vers le père de Ramitoviamandreniny et avoua qu'il avait échoué : « Si tu peux reconnaître, lui dit de nouveau le père, la première vache de mon troupeau qui a vêlé, tu épouseras mon enfant. » L'aîné regarda les vaches mais ne put désigner la première mère : « Tu vois mes rizières, dit