‹ Contes populaires malgaches: recueillis, traduits et annotésChapitre 67 sur 117 · LES SEPT FRERES IO · texte numérisé non relu

LES SEPT FRERES IO

porc. Celui-ci accourut et se mit à travailler. La rizière fut terminée à la tombée de la nuit.

Faralahy alla chercher le père de Ramitoviamandreniny pour la lui montrer : « Tu épouseras sûrement ma fille, dit ce dernier stupéfait en voyant ses désirs si rapidement satisfaits. Beaucoup se sont présentés pour l'épouser, mais aucun n'a réussi comme toi à accomplir ce que je lui demandais. Il te reste maintenant une dernière chose à faire pour épouser Ramitoviamandreniny. » Il le conduisit devant sa femme et sa fille qui se ressemblaient tellement qu'on ne pouvait les discerner l'une de l'autre : « Eh ! Faralahy ! Laquelle des deux est Ramitoviamandreniny! Si tu le devines, épouse-la, car ton destin l'aura voulu x . » Faralahy appela doucement la mouche. Celle-ci accourut et se posa sur la joue de la jeune fille que Faralahy désigna immédiatement à son père : « Allons, ma femme, ajouta-t-il, retournons chez moi. » Les parents furent surpris, de cette perspicacité : « Faralahy, dit le père, présente-moi

t. Les Malgaches croient fermement à la destinée de l'homme prévue par Dieu et contre laquelle aucune force humaine ne peut lutter. Qu'un indigène puissant et riche devienne en peu de temps pauvre et esclave, on dira de lui : « c'était son destin; son destin était trop fort », c'est-à-dire que, malgré sa puissance et sa richesse, il n'a pu ni prévoir ni lutter contre la fatalité qui devait le frapper.

l'arrière-train du mouton x . » Faralahy obéit et devint ainsi le mari de Ramitoviamandreninv.

Faralahy retourna chez ses parents. Arrivé près de son village, il fut salué par la musique et le tambour qu'on avait amenés pour le recevoir. Les six frères furent étonnés de voir qu'il avait réussi là où eux tous avaient échoué. Faralahy, ses parents et toute sa famille étaient dans la joie.

Ramitoviamandreniny mit ensuite au monde un fils.

L'hiver suivant, l'enfant devait être circoncis 2 ; chacun des six frères fournit une somme d'argent pour faire de grandes réjouissances à cette occasion. (D'autre part, ils étaient si jaloux de Faralahy qu'ils projetèrent de l'assassiner dès qu'il s'éloignerait du village.) Ils quittèrent leur village ; et très loin de là, ils virent, sur le bord de l'eau, l'antre d'un caïman où se trouvaient entassés les vêtements de tous ceux qu'il avait dévorés : « Que chacun de nous dirent-ils, descende dans le trou au moyen d'une corde. Ceux qui resteront en haut tiendront le bout de la corde. Quand Faralahy des-

i. Présent en argent que fait le nouvel époux aux parents de la jeune femme, le jour de ses noces. En malgache vody oudry, littéralement, le derrière du mouton.

2. La circoncision est pratiquée par tous les Malgaches indistinctement. Elle a lieu à certaines époques de Tannée et est précédée et suivie de grandes réjouissances.

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