‹ Contes popularies des BassoutosChapitre 10 sur 30 · ŒUF L · texte numérisé non relu

ŒUF L

Tl y avait une fois un chef dont les femmes *ne mettaient au monde que des filles; un jour, une d’elles accoucha d’un œuf, gros comme celui d’une autruche. Le père prit l’œuf et le serra. Un jour, longtemps après, il alla à une fête de chant chez un autre chef. Il y vit une fille de ce chef qui lui plut extrêmement; alors il dit au père de la jeune fille : « Ta fille me plaît beaucoup; il faut que je la prenne en mariage pour mon fils. »

i . En sessouto Léhé. L’idée mère de .ce conte, un œuf devenant homme, se retrouve dans le conte de Séététélané.Je ne connais pas de variante de ce conte, qui est au nombre de ceux que je dois à M. et à Mme Dicterlcn.

II alla chez lui chercher le bétail avec lequel il devait épouser cette jeune fille; puis il l’emmena chez lui. Il lui bâtit une hutte et l'y établit en compagnie de ses filles à lui 1 .

Des années s’écoulèrent sans que la jeune fille vit jamais son mari; elle continuait à vivre seule avec les filles de sa belle-mère. Une année, comme on bêchait les champs et comme on les ensemençait, la semence vint à manquer; le chef envoya une de ses filles en chercher chez lui. Gomme elle entrait dans le lapa elle vit que l’œuf était sorti de la hutte et se roulait tout autour du lapa en disant : « Ha! ha! mon père m’a donné une

i. 11 peut sembler étrange que le père prenne une femme pour son fils qui n’existe pas; chez les Bassoutos la chose n’a rien d’étonnant. Dans certains cas, quand un enfant est mort avant de s’être marié, le père n’en achète pas moins une jeune fille qui sera considérée comme la femme de l’enfant mort; tous les enfants qu’elle mettra au monde seront considérés comme les enfants de son mari putatif. On appelle cela : « épouser un tombeau ». Les Bassoutos ont sur le mariage des idées totalement différentes de celles des peuples européens.

ŒUF

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