‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 140 sur 179 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

d'un air effrayé; le postillon resta la bouche béante ; mais le baron, qui s'animait de plus en plus^ réitéra cet ordre en criant de nouveau :

— Tourne bride, te dis-je ! A Berlin , animal ! M'entends-tu, imbécile? Un ducat pour boire si tu nous conduis comme le vent. Un ducat ! Mais galope, galope, canaille! Postillon de malheur! galoperas-tu?

Le postillon entendant cela, tourna bride, et la chaise de poste partit au grandissime galop.

C'est que le baron avait oublié de prendre garde à quelque chose, lorsque le journal de Haude et Spener lui était tombé sous la main. Le numéro qu'il avait lu était de Fannée précédente , fragment de maculature ayant servi peut-être à envelopper quelque vil objet. Le hasard l'avait fait tomber sur une table du Casino. De sorte que le 24 juillet, jour où le baron, partant pour Patras, rencontra le professeur sur le chemin de Postdam, le 24 juillet était justement l'expiration de l'année, délai accordé pour faire le voyage en Grèce, le jour où, à défaut de ce voyage, il fallait se trouver à l'hôtel du Soleil-d'Or, à Berlin, chez madame Obermann, pour y attendre la fin de l'aventure.

Que restait-il à faire au baron, sinon de regagner au plus vite Berlin et se rendre au Soleil-d'Or ? C'est ce qu'il fit.

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