CHAPITRE IV
disant : Pardon^ mon cher^ mais n'aperoeyez-vous pas làbas dans le coin , à votre droite ^ ce satané petit monstre ? comme il passe la tête en branlant entre les poutres ! Regardez comme ce diablotin fait des cabrioles î Regardez ! regardez ! maintenant le voilà parti. Ne vous gênez donc pas^ charmant petit Poucet; ayez la bonté de rester avec nous; écoutez avec bienveillance notre conversation si cordiale ; vous ne sauriez vous imaginer combien votre charmante personne nous fera plaisir. Ah! ah! vous voilà donc de nouveau; auriez-vous la complaisance de vous approcher un peu plus? Gomment (et ici un jeu de muscles violent se dessinait sur son visage) ! peut-être prendrezvous quelque chose ? Qu'est-ce que vous dites de bon ? Gomment! vous partez? serviteur très-humble^ etc.
Pendant qu'il bavardait ainsi ^ en fixant des yeux hagards dans le coin d'où la vision semblait venir ^ il se retournait subitement vers le visiteur et le priait tranquillement de continuer. S'il arrivait à l'un de ses amis de rire de ce qu'il venait de dire ou de le traiter de fou^ il assurait très-sérieusement^ et en plissant son front, que l'on ne devait pas croire du tout qu'il avait voulu plaisanter, qu'il avait vu de ses propres yeux l'individu en question , ce qui, du reste, ne le gênait nullement et lui arrivait souvent. Quand sa femme était présente, il se retournait vers elle en lui criant : N'est-ce pas, Mischa? ( Mischa, abréviation du nom polonais Michaéline. ) Gelle-ci ne manquait jamais de répondre affirmativement par un signe de tête et par un sourire.
Au milieu du travail pendant la nuit, il réveillait souvent sa femme qui, le connaissant et l'aimant, quittait