‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 36 sur 179 · COMTES POSTHUMES · texte numérisé non relu

COMTES POSTHUMES

son lit , s'asseyait à son bureau en tricotant son bas et lui tenait compagnie jusqu'à ce qu'il eut terminé sa besogne. Après le fantastique^ le grotesque était son élément le plus naturel ; entre ces deux penchants il n'y avait pas pour lui de moyenne ; il se reposait de ses frayeurs en regardant les farces que sa fantaisie lui représentait pendant ses heures de recréation.

Il avait une préférence aveugle pour ceux de ses ouvrages dans lesquels il avait développé celles de ses qualités personnelles qui plaisaient le moins à ses lecteurs et qui représentaient des tableaux terribles de la folie ou bien des scènes effrayantes de revenants, comme, par exemple, la Brambilla. Cette direction de son esprit était la cause pour laquelle, à l'exception des grands poètes et souvent des livres les plus arides dans lesquelles il trouvait des données qu'il travaillait à sa manière et dont il s'imprégnait, suivant son expression, il lui était impossible de rien lire , parce qu'alors il ne se trouvait pas transporté dans les extrêmes où il se plaisait.

Il était très-sobre pour le manger, parce que cette jouissance ne procure pas de plaisir intellectuel; il n'était excité que par les mets les plus fins et souvent par Fidée que c'était une gourmandise. Dans le commencement, il ne cherchait aussi dans la boisson, avant qu'elle ne devint une habitude et un besoin, qu'un accroissement de puissance; et, en effet, la parole lui était plus facile quand il était excité par le vin. Jamais il ne fut un buveur crapuleux, malgré ce qu'en ait dit la calomnie.

Hoffmann ne fut pas un grand ami de la nature. L'homme, l'observation et la communication de l'homme,

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