Oreille , ou la lettre d'apprentissage de Kr. isler
P.— Et ca}tera.
manière d'Hoffmann. Ici la plume est hardie, ronflante et pleine d'audace; le dessin vise à Teffet; au contraire, les fac-similé publiés en Allemagne manquent complètement d'effet. Les dessins à la plume d'Hoffmann, tels qu'on peut en juger par sept ou huit échantillons curieux, appartiendraient plutôt à la manière suisse-allemande, sans avoir même les côtés grotesques des caricatures de Topfer. Les graveurs allemands auraient-ils interprété d'une façon sèche la liberté de plume du caricaturiste; c'est ce qu'il est difficile de résoudre ; cependant ces gravures ont été données comme des fac-similé exacts.
Il est fâcheux de rabattre sur le génie d'Hoffmann comme caricaturiste; mais son crayon de dessinateur n'a aucune parenté avec sa plume. Les dessins sont secs, propres, comme les croquis d'un employé qui réjouit tout son ministère en employant son temps à faire la charge des garçons de bureaux ou des sous-chefs. On comprend le succès des caricatures d'Hoffmann dans la société; un homme qui, dans un salon, dans un bal, sait jeter en quelques minutes la silhouette d'un être ridicule sur le papier, est un homme utile et amusant en même temps.
Ce n'est pas que je refuse tout talent de dessinateur à HoîTmann; au contraire, je préfère sa maladresse exacte aux tournures élégantes des crayons à la mode. L'art adroit, tel qu'il se pratique à notre époque, tel qu'il est enseigné partout et tel qu'il est facile à apprendre, jette quelquefois les esprits inquiets dans d'autres travers, à savoir l'art primitif. Après avoir été dégoûté de l'élégance des procédés, des subtilités de pinceau, du joli, des crayons précieux, on arrive à adorer les arts de patience, les plans de forti-