FRAGMENTS DE LETTRES A HITZIG
Kœnigsberg, 25 octobre 1795; dimanche.
c( Nos petits concerts continuent toujours. Dernière»* ment j'ai commencé un motet de mâ propre composition; tu deyinerals difficilement quel en est le texte; il est emprunté au Faust de Gœthe : Judex ilh cum sedebif^ etc. Les paroles de la jeune fille sont un récitatif d'accompagnement. J'''''' pense que le Judex chanté à pleine toix (tel que je Fai écrit en effets d'abord une strophe avec des timbales^ le basson et des hautbois et ensuite une fugue avec Torguè et les autres voix) devra produire un eflPet à faire frissonner. Si j'habitais un endroit catholique;, je laisserais de côté le récitatif^ que je remplacerais par une ou deux fugues^ et j'aurais alors Fespoir de l'entendre exécuter dans une église. Quand je me serai bien exercé de nouveau sur la composition^ je m'occuperai de Claudine de Villa-Bella. Tu ne saurais d'ailleurs t'irnaginer â quel point je suis saisi par la furie de la composition en musique et en roman; ce qu'il y a de mieux c'est que je jette au feu tout ce qui ne me paraît pas bon. Je désire que tu aimes un jour une jeune fille autant que j'aime ma J''''''^ avec ce sentiment tranquille et doux qui ne peut s'emparer de notre cœur avant d'avoir subi des orages. Ce n'est pas le déchaînement d'une passion sauvage et qui