‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 55 sur 179 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

formée d'elle-même en opéra sous ma maln^ au moyen de quelques adjonctions et suppressions presque imperceptibles.

(( Le comique du sujet est d'un poétique si élevée que la musique qui doit le rendre doit être dans le genre du Cosi fan tutte et du Figaro de Mozart^ et c'est ce qui me va parfaitement. »

Ail printemps de l'année 1820, Hoffmann res-sentit une grande joie : un voyageur lui apporta une lettre de Beethoven,

Vienne, le ^3 mars 1820.

« Je saisis l'occasion de me rapprocher^ par l'intermédiaire de M. N""""*, d'un homme aussi spirituel que vous l'êtes. Vous aussi vous avez écrit sur mon humble personne^ et notre M. N*** m^a montré dans son album quelques lignes devons sur moi; vous prenez^ par conséquent^ comme je dois le croire^ quelque intérêt à moi. Qu'il me soit permis de vous dire que ceci venant d'un homme doué de qualités aussi remarquables que vous^ me fait grand bien. Je vous souhaite tout ce qui peut être beau et bon, et je suis avec respect votre très-dévoué.

c( Beethoven. »

Je ne suis pas content de cette leUre de Beethoven. Hitzig la trouve cordiale; je la trouve froide, polie et indifférente. On y sent trop le grand homme déjà attristé et lycanthrope. Je doute que Beethoven comprît toute la portée de la littérature d'Hoffmann ; mais en mettant à part les contes, le romancier avait écrit dans les gazettes spéciale-

ment musicales de TAllemagne, des articles sérieux et même enthousiastes sur la musique de Beethoven pour mériter mieux que ces quelques lignes de l'auteur de la Symphonie pastorale.

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