‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 57 sur 179 · FRAGMENTS DU JOURNAL DE PLOZK · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DU JOURNAL DE PLOZK

^ octobre.

J'ai le même sort^ avec mes idées musicales . que Savoiiarole^ le martyr de Florence^ dont j'ai lu récemment rhistoire. D'abord^ j'entends un bruissement sauvage dans ma tête; ensuite^ je commence à jeûner et à prier,, c'est-à-dire je m'assieds au piano ^ je ferme les yeux^ je m'abstiens de toute idée profane^ et je tends mon esprit entre les quatre murailles de mon cerveau^ afin d'y saisir les apparitions musicales. Bientôt l'idée me vient claire^ je la saisis et je l'écris comme Savonarole ses prophéties. Je voudrais bien savoir si les autres compositeurs font de même^ mais un conseiller d'État prussien à Plozk ne peut jamais s'assurer de cela.

Toute la soirée lu sottement dans la magie de Wiegleb, en me proposant/ une fois le bon temps arrivé^ de faire un automate pour l'utilité et le bien de tous les gens de bon sens que je vois chez moi. Quod Deus benè vertat? — Que ne me proposai-je pas ! Encore une bonne idée !

6 octobre.

Je suis allé dans un cercle musical ; on y a joué quelques quatuors de Haydn; l'exécution a été pitoyable, mais la marche céleste et originale de l'harmonie m'a tout de même ravi. Haydn serait infiniment grand dans la musique instrumentale s'il laissait de côté le folâtre; tous ses

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