‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 68 sur 179 · HOFFMANN COMME MUSICIEN, PAR MARX · texte numérisé non relu

HOFFMANN COMME MUSICIEN, PAR MARX

Si ron tient compte de la foule d'autres occupations qui absorbèrent Hoffmann ^ on ne peut s'empêcher de reconnaître d'autant mieux son application énorme à la composition. Outre une assez grande foule de petites pièces pour une et plusieurs voix^ scènes^ sonates^ un trio^ un quatuor^ une symphonie et une ouverture ^ on trouva dans ses papiers les œuvres plus importantes suivantes avec toute une partition pour grand orchestre^ et les voix y relatives.

1« Un Miserere complet; 2*» un Requiem^ idem; 3® toute la musique de la Croix de la mer Baltique , de Werner; liP le Philtre de V Immortalité , opéra romantique en quatre actes ^ du comte de Soden; 5° Amour et Jalousie ^ opéra en

trois actes ; 6^ le Chanoine de Milan ^ opéra-comique en un acte; 7« Arlequin, ballet; 8^ musique du premier acte de Julius Sabinvsy de Soden, avec fragments du second acte^ et enfin 9° VOndine, opéra en trois actes^ de Fouqué^ connue surtout par les représentations qui en ont été données à Berlin,

Ce dernier opéra montre très-clairement la vigueur d'Hoffmann et ce qui lui manquait pour être un musicien complet. A celui qui est un musicien complet, tout apparaît sous une forme musicale, ses propres impressions sont de la musique, et même ce qu'il voit, ce qu'il pense, bien que cela incline plutôt vers la plastique que vers la musique, tout tend cependant à se traduire en une forme musicale. Si le cbant des oiseaux, les cris des animaux, la pluie, l'orage, les éclairs, la nature entière visible et auditive n'avaient pas semblé de la musique réelle à Joseph Haydn, qui dans ces moments pouvait ressembler à un enfant rêvant dans le trouble de ses imaginations, comment aurait-il pu rendre tout cela dans la plus pure harmonie et la plus pure inspiration de ses compositions ? Si Mozart avait entendu une autre langue que celle de la musique, comment aurait-il pu faire la Flûte enchantée et se^ autres opéras? Et d'ailleurs était-il capable de parler un autre langage que celui de la musique? Il n'en fut pas ainsi pour Hoffmann. Il est impossible de ne pas séparer dans ses ouvrages ce qui lui est apparu musicalement de ce qu'il s'est efforcé de traduire en langue musicale.

Ainsi, je peux faire une différence dans YOndine entre toutes les scènes de fantômes et les autres scènes; ces premières prouvent que le compositeur a pris un point

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