SUR BOUFFLERS XIII
moins malheureuses de la très-malheureuse guerre de sept ans. La victoire de Johannisherg (3o août) et la prise de Cassel ne nuisirent pas aux négocia-' tions pour la paix, qui fut signée au commencement de l'année suivante. On a reproché à Bouf fiers d'avoir été un militaire philosophe comme il avait été un abbé chansonnier; mais qui n'était pas alors philosophe, même dans les camps, depuis M. de Guibert, l'ami de M 116 de Lespinasse , jusqu'au comte de Saint-Germain ?
Les années qui suivirent la paix de Versailles furent les plus brillantes du chevalier de Bouffiers. Choyé par les philosophes, en particulier par Voltaire, avec lequel il correspondait en attendant qu'il allât faire le pèlerinage de Ferney ; convié à toutes les fêtes, celles de l'esprit comme celles de la galanterie; brillant aussi bien dans les salons de M me du Deffand ou de la maréchale de Luxembourg que dans les soupers deM lle Quinault[ou de Sophie Arnould; aimé de toutes les femmes, et le leur rendant bien; jamais à court de bons mots ou de couplets ; galant, quelquefois libertin; défendant ses épigrammes même à la pointe de Vépée, comme le prouve son duel avec le vicomte de Koncheroles à l'occasion de sa chanson des Jeunes gens ! ; passionné pour les voyages, pour les courses de chevaux; jetant V argent à pleines mains, aimant les arts comme il aimait les plaisirs, maniant
i. Mémoires de Tilly, Paris, 1828, t. I, p. 264.