SUR BOUFFLERS XV
vingt-sept ans quand il se rendit auprès de Voltaire, à la fin de Vannée 1764. En fait de bagages, il n'emportait que son esprit, sa plume et ses pinceaux. C'était assez pour conquérir Voltaire et, par surcroît, toutes Us belles dames de Genève et des environs. Tout le temps qu'il ne passait pas à Ftrney auprès de l'illustre écrivain, dont il a ragaillardissait les vieux jours l » par sa gaieté et ses saillies, il le consacrait à peindre, tout à fait d'après nature, les Genevoises, à les croquer ou à leur faire des déclarations qui ne trouvaient guère de cruelles. Et il n'en plut que davantage à Voltaire, qui écrivait :
<c Le chevalier de Boufflers est une des singulières créatures qui soient au monde. Il peint au pastel fort joliment. Tantôt il monte à cheval tout seul, à cinq heures du matin, et s'en va peindre des femmes à Lausanne ; il exploite ses modèles ; de là il court i en faire autant à Genève, et de là il revient chez } moi se reposer des fatigues qu'il a essuyées avec des : huguenotes 2 . »
Et encore, dans une lettre à la marquise de Boufflers, où l'éloge du fils disparaît sous celui du peintre :
« J'ai l'honneur d'avoir actuellement dans mon taudis le peintre que vous protégez. Vous avez bien raison d'aimer ce jeune homme : il peint à