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SUR BOUFFLERS XVII

son ambassade, nous le citons d'autant plus volontiers qu'il a Vattrait du fruit défendu. Boufflers, en ■effet, n'a pas admis dans le recueil de ses œuvres cette pièce, l'une de ses meilleures, mais dont sa vieillesse se repentait, bien à tort vraiment :

Enivré du brillant poste Que j'occupe récemment.

Dans une chaise de poste Je m'embarque fièrement, Et je vais en ambassade, Au nom de mon souverain, Dire que je suis malade Et que lui se porte bien.

Avec une joue enflée Je débarque tout honteux.

La princesse, boursouflée, Au lieu d'une en avait deux, Et Son Altesse sauvage Sans doute a trouvé mauvais Que j'eusse sur mon visage La moitié de ses attraits.

« Princesse, le roi, mon maître, Pour ambassadeur m'a pris.

Je viens vous faire connaître L'amour dont il est épris.

Quand vous seriez sous le chaume, Tl troquerait, m'a-t-il dit, •La moitié de son royaume Pour celle de votre lit.

« Par l'union de vos personnes, L'Europe avec plaisir verrait Sur une tête deux couronnes, £t deux têtes dans un bonnet. »

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