‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 19 sur 42 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

au chantre du Cœur, avait succédé un Boufflers plus grave. C'est alors qu'il écrit les contes du Derviche, de Tamara, compositions encore très-remarquables, mais que caractérisent des préoccupations, des visées plus philosophiques. Ce troisième Boufflers, c'est aussi le Bouflicrs maréchal de camp (1784), gouverneur du Sénégal ( 178 5-1787), successeur de l'archevêque de Lyon Montazet à l'Académie française, député aux États généraux, puis, après le 10 août, émigré, hôte attristé du château de BJieinsberg, où son ancien adversaire de la guerre de sept ans, le prince Henri de Prusse, l'avait accueilli avec toute la délicatesse et l'empressement de Vamitié. De cette dernière partie de la vie de Boufflers nous ne rappellerons que sa liaison avec la charmante comtesse de Sabran, commencée en 1777, tt qui développa en lui des sentiments de délicatesse, de constance, de dévouement, qui donnent à sa physionomie un caractère nouveau et tout à fait à son avantage. Jusqu'ici ton avait attribué à une disgrâce, encourue pour des couplets trop légers contre Marie-Antoinette, sa nomination de gouverneur du Sénégal, en 1785. Aujourd'hui l'on sait par Boufflers lui-même qu'il sollicita ce commandement dans l'espoir d'arriver à une situation qui, en lui permettant de renoncer à ses bénéfices de Vordre de Malte, jusque-là sa seule fortune, aurait rendu possible une union qu'il désirrait ardemment. Nous lisons, en effet, dans le journal qu'il tenait à l'intention de M™ de Sabran:

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