SUR BOUFFLERS XXI
a Ma gloire, si j'en acquiers jamais, sera ma dot et ta parure, et c'est là ce qui m'y attache. Si j'étais joli, si j'étais jeune, si j'étais riche, si je pouvais t'offrir tout ce qui rend les femmes heureuses à leurs yeux et à ceux des autres, il y a longtemps que nous porterions le même nom et que nous partagerions le même sort ; mais il n'y a qu'un peu d'honneur et de considération qui puisse faire oublier mon âge et ma pauvreté, et m'embellir aux yeux de tout ce qui nous verra comme ta tendresse m'embellit à tes yeux. Pardonne-moi donc, trop cher enfant; excuse-moi, et même approuve-moi \ »
Les vaux de Bouffters ne se réalisèrent que pendant l'émigration, en i 79^ à Breslau, ou il épousa M me de Sabran; mais ce mariage ne fit que consacrer une union que le monde avait depuis longtemps acceptée. M me de Genlis, faisant allusion au sentiment durable que M™ de Sabran inspira au chevalier de Boufflers et à V heureuse influence qu'elle eut sur lui, a écrit : « Le chevalier de Boufflers, si célèbre par son esprit, qui ne montra d'abord que de la grâce et de la légèreté dans de fort jolis vers, mais qui avait autant de solidité que d'agrément, se moqua longtemps de la sensibilité et fit l'éloge de l'inconstance» Cependant il a prouvé qu'il était pro-
1 . Journal du chevalier de Boufflers, dans la Correspondance dt la comtesse de Sabran, Paris, 1875, in-8°, p. 167.