‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 25 sur 42 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

perdre. Né sérieux, il veut être gai; frivole, il veut être grave; bon, il veut être caustique; paresseux, il veut jouer le travailleur. Il court après les petits succès, et paraît les dédaigner. A peine fut-il parvenu au fauteuil qu'il plaisanta sur les honneurs académiques... Fulber est né quatre-vingts ans trop tard : du temps des Fontenelle, des Lamotte, des Gresset, il eût brillé sur le Parnasse français. Mais il y a une distance presque incommensurable du siècle de l'esprit à l'époque où nous nous trouvons... Si cependant on veut tenir encore à ce qu'on appelle esprit, il faut avouer que peu de personnes y eurent plus de droit que Fulber. Il est aisé d'être meilleur, plus aimable, plus amusant, plus fait pour intéresser, etc.; mais il est rare de dire dans un jour plus de choses dignes d'être remarquées. Les grâces qui les accompagnent ne font pas illusion : c'est de l'esprit tout pur, bien sec, bien tourné, mais souvent neuf et toujours piquant \ a

i. La Galerie des États généraux, 1789, in-8°, p. 87. Elle est attribuée par Barbier^ au marquis de Luchet, i Mirabeau, à Rivarol et à Choderlos de Laclos. Par les opinions qui percent dans ce portrait on peut supposer que ce dernier en est l'auteur. Citons encore ce portrait de Boufflers, crayonné par Horace Walpole pendant son voyage en France, en 1774 : « Il a autant d'esprit que les Italiens, avec plus d'esprit et d'imprévu ; ses vers impromptu sont souvent merveilleux. » (Lettres d'Horace Walpole, traduites par M. de Bâillon, Paris, 187a, p. 270 et 273.) Ailleurs il

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