‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 26 sur 42 · SUR BOUFFLERS XXVII · texte numérisé non relu

SUR BOUFFLERS XXVII

A ce portrait nous opposerons celui que nous a laissé de BouffUrs la main plus légère et plus équitable du spirituel prince de Ligne :

« M. de 8... a été successivement abbé, militaire» écrivain, administrateur, député, philosophe, et de tous ces états il ne s'est trouvé déplacé que dans le premier. M. de B... a beaucoup pensé, mais, par malheur, c'était toujours encourant. Son mouvement est ce qui nous a le plus volé de son esprit.

« On voudrait pouvoir ramasser toutes les idées qu'il a perdues sur les grands chemins, avec son temps et son argent. Peut-être avait-il trop d'esprit pour qu'il fût en son pouvoir de le fixer quand le feu de la jeunesse lui donnait tout son essor. Il fallait que cet esprit fît tout de lui-même et maîtrisât son maître : aussi a-t-il brillé d'abord avec tout le caprice d'un feu follet, et l'âge seul pouvait lui donner la sagesse d'un fanal. Une sagacité sans bornes, une profonde finesse, une légèreté qui n'est jamais frivole, le talent d'aiguiser les idées par le contraste des mots, voilà les qualités distinctives de son esprit, à qui rien n'est étranger. Heu-

dépeint ainsi son esprit actif, léger et un peu frondeur : « Did ne everything in the world, and sing everything in the world, and laugh at everything in the world ? » [Letters of H. WalpoU, tdittd by Cunningham, London, 1857, t. VI, p. i 4 a.)

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