‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 27 sur 42 · XXVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE

reusement il ne sait pas tout ; mais il a pris la fleur des diverses connaissances, et surprendra par sa profondeur tous ceux qui ont découvert combien il pouvait être profond. La base de son caractère est une bonté sans mesure ; il ne saurait supporter l'idée d'un être souffrant, et donnerait jusqu'à son strict nécessaire pour s'en délivrer. Il se priverait de pain pour nourrir même un méchant, et surtout son ennemi. Ce pauvre méchant ! dirait-il. Il avait dans sa terre une servante que tout le monde lui dénonçait comme voleuse. Malgré cela, il la gardait toujours; et, quand on lui demanda pourquoi, il répondit : « Qui la prendrait ?» Il a de l'enfance dans le rire et de la gaucherie dans le maintien, la tête un peu baissée, les pouces qu'il tourne devant lui comme Arlequin, ou les mains derrière le dos, comme s'il se chauffait; des yeux petits et agréables, qui ont l'air de sourire; quelque chose de bon dans la physionomie ; du simple, du gai, du naïf dans sa grâce ; une pesanteur apparente dans la tournure et du mal-tenu dans toute sa personne. Il a quelquefois l'air bête de La Fontaine : on dirait qu'il ne pense à rien lorsqu'il pense le plus. Il ne se met pas volontiers en avant, et n'en est que plus piquant lorsqu'on le recherche. La bonhomie s'est emparée de ses manières, et ne laisse percer la malice que dans ses regards et dans son sourire : il se défie tellement de son talent pour l'épigramme qu'il penche trop peut-être, en écrivant, du côté

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