IV NOTICE
De plaire sans aimer j'eus un jour fantaisie. Je ne cherchais qu'an simple amusement ; L'amusement devint un sentiment, Le sentiment le bonheur de ma vie 1 .
Son fils expliquait les choses un peu autrement. Un jour que sa mère lui disait qu'elle avait beau faire, qu'elle ne pouvait devenir dévote, qu'elle ne concevait pas même comment Von pouvait aimer Dieu, aimer un être que Von ne connaissait point : « Ne répondez de rien, lui répliqua Bouf fiers, qui — nous aimons du moins à le croire — n'était plus l'abbé de Bouf fiers, ne répondez de rien : si Dieu se faisait homme une seconde fois, vous V aimeriez sûrement *. » Pour nous, qui en savons moins long que le chevalier, nous ne généraliserons pas autant la dévotion de la marquise de Bouf fiers, et nous nous contenterons, dans ces affaires de cœur, — comme aurait dit encore son fils, — de mentionner, d'après Collé, les noms du marquis de la Galaisière, intendant de Lorraine et chancelier du roi Stanislas, et celui de ce prince lui-même. « Le roi de Pologne, raconte Collé, étant à la toilette de cette dame, il la louait tant qu'il pouvait sur la beauté de ses bras, la couleur de ses cheveux, la blancheur de sa gorge, etc. La dame, excédée de ces faveurs royales, lui dit :
i. Nouveaux Mélanges de M m * Necker, Paris, 1801, t. I p. 219.