‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 5 sur 42 · SUR BOUFFLERS V · texte numérisé non relu

SUR BOUFFLERS V

« Eh bien 1 mais, prince, ne m épargner ez-vous pas ? a ne me ferez-vous pas grâce du moindre compliment ? « Est-ce là toutî — Non, Madame, répondit le roi, « ce n'est pas là tout, mais mon chancelier vous dira « le reste l . »

M me de Boufflers était déjà mère d'un fils aîné, né en 17 36, lorsque, se rendant en chaise de poste à la cour de Lorraine, elle fut prise des douleurs de l'enfantement et accoucha sur la grande route de celui qui devait être le chevalier de Bouf fiers. C'était une singulière façon d'entrer dans le monde, et presque un présage : Boufflers fut en effet un grand voyageur. On l'appelait volontiers le plus errant des chevaliers, et le comte de Tressan, le rencontrant un jour sur une grande route, lui dit: ta Ah! monsieur le chevalier, je suis enchanté de vous trouver chez vous. » Lui-même se complaisait dans cette réputation de coureur de chemins, et il s'en est fait honneur dans l'épitaphe qu'il s'est composée :

1. Journal de Collé, t. I, p. 38. Chamfort a repris l'aventure pour l'attribuer, dans des circonstances un peu différentes, à la marquise de Bassompierre, sœur de La marquise de Boufflers. « M me de Bassompierre, dit-il, vivant à la cour du roi Stanislas, était la maîtresse connue de M. de la Galaisière, chancelier du roi de Pologne. Le roi alla un jour chez elle, et prit avec elle quelques libertés qui ne réussirent pas : « Je me tais, dit Stanislas; mon chancelier « vous dira le reste. » Caractères et Anecdotes, Paris, 1866, p. 18.

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