‹ Contes. Précédés d'une noticeChapitre 6 sur 42 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

Ci-gît un chevalier qui sans cesse courut,

Qui sur les grands chemins naquit, vécut, mourut,

Pour prouver ce qu'a dit le sage,

Que notre vie est un voyage.

Cadet de famille, Boufflers fut destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique, et il était encore enfant que son parrain, le roi Stanislas, l'avait déjà pourvu de riches bénéfices. Son éducation n'en fut pas plus rigide pour cela. Il est vrai que son précepteur était cet abbé Porquet, le moins ecclésiastique des abbés, et qui, nommé plus tard aumônier de Stanislas, ne put jamais lui dire le Benedicite. Sa plus grande occupation était le monde et la poésie, la poésie de société, s'entend. « C'était d'ailleurs , dit La Harpe, un homme d'esprit et de goût, qui faisait avec un grand soin, et encore plus de scrupule, de petits vers élégamment tournés. Il rivait trois mois à un quatrain 1 . » Ces scrupules poétiques étaient les seuls de l'abbé. D'une taille minuscule, qui rassurait d'ailleurs sur ses intentions, il papillonnait auprès des femmes de la cour, y compris M"* 9 de Boufflers, qui ne lui en voulait pas et qui s'égayait de ses déclarations, de sa petite stature et de sa petite santé. Nous en avons la preuve dans ce couplet, qui n'a tout son sel, comme le remarque l'auteur du Lycée, que quand on connaît la tournure de l'abbé Porquet, et son rabat et sa perru-

i. La Harpe, Corresp. littéraire, 1804, t. III, p. a 80.

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