‹ Contes sans prétentionChapitre 23 sur 41 · LE TOUR DE FRANGE · texte numérisé non relu

LE TOUR DE FRANGE

pour la France ; elle t'apprendra ce que tu ne pourrais voir par toi-même , elle te dira la population^ l'importance, la situation des villes que tu vas parcourir. C'est à toi à te donner et t'apprendre toiniême tout ce qui manque à ce livre : tu y verras que tous les pays que tu vas parcourir sont une partie de la France, que chaque département y est divisé par arrondissements, par cantons et par communes; mais ce que tu apprendras tout seul, c'est combien les Français du midi diffèrent des Français du nord , ceux de la Bretagne de ceux de l'Alsace, les Normands des Provençaux, tant par le langage, par le costume et les habitudes que par l'esprit et le caractère. Etudie tout cela, Antoine ; tu es ouvrier, mais tu peux devenir négociant, tu peux aller plus haut encore. Nous vivons à une époque et dans une nation où il n'y a plus de portes fermées pour personne: de l'honnêteté et du travail, voilà tout ce qu^il faut pour réussir, et à quelque condition que tu arrives, ce que tu auras appris te sera utile. Si tu deviens

i3§ CONTES POUR LSS ENFANTS.

maître, tu sauras comment il faudra traiter les com^ pagnons de tous les pays qui travailleront chez toi, car chaque pays a son caractère et ses coutumes. Si tu arrives à être négociant, tu sauras quelle^ sont les productions de chaque climat, les industries de chaque contrée ; tu sauras ce qu'on peut leur demander et ce qui leur manque. Je ne t'en dis pas davantage. Il y a aussi un grand bonheur à savoir rhistgire particulière de chaque ville, celle des hommes célèbres qui y sont nés et les grandes choses qui ^'y sont passées; mais ton goût décidera de cette étude. .Va, mon enfant, soi3 honnête homme, et quej)ieu te conduise î

Peut-être, en faisant ainsi parler M. Dabin, avons^ nous fait plutôt le prospectus de ce que nous vou* Ions faire nous^même pour nos jeunes lecteurs, que nous n^ayons rapporté fidèlement les paroles du curé ; mais on nous pardonnera d'avoir emprunté à un homme vertueu)^ Tautorité de ses paroles pour persuader nos jeunos amis de la néce^ité du tableau

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