‹ Contes sans prétentionChapitre 38 sur 41 · RIVALITÉ DI MURAT IT DC DAVOUST. S · texte numérisé non relu

RIVALITÉ DI MURAT IT DC DAVOUST. S

une batterie de Davoust de soutenir son opéfatioii^ et d'inquiéter l'ennemî sur ses hauteurs. Il attend quelques momeuls pour Juger de TeSèt dé cme nouvelle atta({ue ; mais tout se tait, et les Russes, profitant de cette singulière inaction^ se j^ipiti^t de leurs éminences et refoulât un moment la cavalerie du roi de Naples jusqu'aux bords dé TO^à, qui coule dans les creux d'un ravin, au fond duquel elle est menacée d'être précipitée. Murftt soutient les soldats de ses paroles, de son exemple, et envoie un nouvel ordre au commandant dé la batterie ; mais, encore une fois, rien ne répond à cet ordre, et bientôt on apporte au roi la nouvelle que le comman^ dant, alléguant ses instructions, qui lui défendaient, sous peine de destitution, de combattre sans Tordre de Davoust, avait formellement refusé de tirer. Un moment de colère anîtoe la figure du roi de Naf>lês : mais un péril plus pressant rappelle ; les Russes continuent à presser la cavalerie. Il prend aussitôt le quatrième de lanciers, le précipite sur Fennettii, et

enlève en un moment les hauteurs que Davoust pouvait balayer avec son canon.

Le lendemain les deux lieutenants de NapcHéon se trouvaient en présence de lui : le roi de Naples, fort d'avoir justifié sa témérité par un succès ; le prince d'Eckmuhl, calme dans son opinion basée sur une science souvent éprouvée, Miu*at s'était plaint amèrement des ordres donnés par Davoust à ses subordonnés. L'Empereur avait écouté les mains derrière le dos, la tête légèrement penchée sur sa poitrine, cachant un air de satisfaction, et jouant du bout du pied avec un boulet russe qu'il faisait rouler devant lui, et qu'il suivait avec attention. Davoust irrité ne

demeura pas sans réponse.

« Sire, dit-il en s'adressant à l'empereur, il faut déshabituer le roi de Naples de ces attaques inutiles et imprudentes qui fatiguent Tavant-garde de l'armée. Jamais on n'a prodigué si légèrement le sang des hommes; et, croyez-moi, sire, ils sont bons à conserver dans une campagne telle que celle-ci.

RIVALITE DE MURAT ET DE DAVOVST. 3Sâ

» — Et le prince d'Eckmuhl a trouvé un excetleat moyen pour cela, dit Murât avec dédain ; c'est d'empêcher ses soldats de se battre, ie croyais qu'il gardait cette recette pour lui. »

L'opiniâtre Davoiist, qui avait assez prouviâ qu'il était brave et qui voulait surtout prouver qu'il avait raison, s'adressa au rd d'un ton irrité, et lui dît :

n Et h quoi nous ont servi tiHites vos attaques téméraires contre une armée qui opère un retraite savamment combinée et décidée d'avance, et contre une arrière-garde qui n'abandonne chacune de ses positions que lorsqu'elle est sur le point d'être battue?

' — Et puurriez-vous me dire , répondit le roi presque en ricanant, quand elle les abandonnerait, si on ne l'atlaquaiL pas et si on ne la mettait pas sur le point d'être battue ?

» — Elle abandonnerait quelques heures plus tard, s'écria Davoust, qui avait jugé sagement le plan du général russe, parce que cette retraite est

SM COKtBB FOyH LfeS ENFANTS.

ÀQ parti pris et invariabtemetit arrêté qu^on exécutera satii combattre ou en combattant, selon ce que nous ferondé Que gàgooi»*iious donc à attaquer des troupes qui se retireront demain si on ne lés met en fuite aujoulhd'hui 7

» --^ De la gldre I répliqua Murât.

» — Et nous y perdrons la moitié de l'avântgarde, continue aigrement Davoust, et nous arriverons Sans cavalerie à Moscou, et nous verrais si la gloire du roi de Naples, sans un cavalier sous ses ordres, nous y sera d'un grand secours. »

Murât exaspéré ^interrompit violemment.

a Monsieur le maréchal, lui dit-il, vous ne trouveriez rien d^imprudent ni d'inutile dans ma conduite, si j'étais sous vos ordres, comme vous êtes sous les miens ; on sait que le prince d*Ëckmuhl n'aime à obéir à personne ; qu'il lui plairait même assez d'être réputé le héros de cette expédition aux dépens même des plus élevés ; mais je lui jure, moi, qu'il y a part pour tous; qu'il tâche de trouver la sienne. »

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