LE CORRESPONDANT DES JOURNAUX
Le correspondaût étaitaussi parMtementoublié que Robinson dans son ile. On ne savait non plus son nom que sHl eût composé trois quarterons de vaudevilles. On prit son article pour une imitation des MUie et une nuits ^ élucubrée par un cerveau malade. On le jeta bù vont les feuilles de rose et les feuilles publiques. Le négociant se proposait de venir dire l«ur fait à ses commettants, mais il lui fallait quinze cents livres pour la traversée, et s^ils les lui eussent envoyées par basard, il n'avait plus rien à leur dire.
La nécessité est, plus légitimement que Toisiveté, la mère de tous les vices. Cet homme, qui n'eût pas voulu tromper un abonné du Times^ inventa iQpuff^ peifectionné depuis en France, à Taide de cette machine de huit ou dix mille pauvres diables qu'on appelle /a presse.
C'est lui qui nous a raconté récemment les incroyables progrès que la civilisatioù fait dans Flnde. A la vérité, Toigaon brûlé compte encore quelques fanatiques, les jongleurs s'enfoncent par-ci, par-là une baïonnette dans les mollets ; les fils les plus tendres cassent la tête à leur père quand il commence par son grand âge à mériter trop d'égards. 11 est vrai aussi qu'on noie de loin en loin quelque nouveau-né. On ne saurait s'occuper de tout à la fois; mais il s'est opéré des changements meilleurs.
Les Indiens ignoraient le grand art de la guerre. Ils éprouvaient le besoin de s'exterminer plus à fond. C'est à peine s'ils jetaient six mille hommes sur le carreau dans une affaire d'avant-garde. La plupart dés flèches se perdaient en l'air. Chaque soldat tuaif à peine son homme.. C'était grand'ïtttié. Cette misère a touché l'Europe. On a
tas CONTIS SCEPTIQUES ET PHlLOSOPUiaCES
donc expédié à ces malheureux une pacotille de qaiiizè jSOU&-officiers : c'est la boite de Paadore en petite tenue. U y a là-dedans assez de feux de peloton pour nettoyer le 4X)atioent. Avant qu'il soit peu, le plus humble paria abattra ses cinq hommes par minute, sans se gêner.
Les bonzes ont jeté le tuii)an par-dessus les moullDS pour se coiflier du schako. Les bayadères ae dansent qae le pas redoublé. Les psylles ne jouent plus que du 8e^ peut de paroisse, instrument guerrier, comme chacun sait. Les jongleurs ont s^pris la charge en douze temps. Toute une bourgade vire de front au signe d'un caporal On n'entend que deux mots de français dans tout le pays^ les deux mots qu'il faut pour foudroyer cent braves : Joue,* feu l C'est ainsi qu'en use toute civilisation un peo avancée. On n'envoie plus des missionnaires, mais des sergents instructeurs ; plus de maîtres d*école, des maîtres d'armes.
Voyea les Turcs. Les Turcs se battaient pauvrement, à la débandade, sans discipline^ sans art. On bataillait deux jours pour tuer vingt mille hommes ; cela faisait peine à voir. Aujourd'hui d'un simple boulet ils enlèvent une file entière; la mine et la contrennine leur sont familières; ils fusillent un escadron eosuoe un seul homme. Ils se policent.
Les premiers bienfaits que les Européens communiquèrent aux naturels du Nouveau-Monde furent le fusil i deux coup» pour tuer leur prochain, et l'eau-de-vie pour se détrufre eux-mêmes.
Les Indiens s'entre-égorgent aussibieu que now àl'b^fe