‹ Contes suissesChapitre 10 sur 159 · BIOGRAPHIQUE. XXI · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUE. XXI

devant la maison pour la préserver de toute attaque. Le gouvernement, instruit de tout ee qu'il avait fait , lui confirma se^ pouvoirs.

Après avoir promis, dans des proclamations publiques, sûreté et oubli du passé aux réfugiés dispersés, il vit avec plaisir les malheureux habitants rentrer dans leurs foyers. Il envoya à son ami Reding dis passe-ports pour le lac de Constance. Lié avec le comité des magistrats municipaux v il rétablit Tordre à Schwyz. Il rencontra pins d'obstacle à Uri, on commandait le général Lecourbe. Ce militaire, excellent officier supérieur, mais très emporté, brutal et un peu trop avide de butin , se permettait à lui-même et permettait à ses soldats certaines actions que réprouvait la discipline. Aussi, lorsque le commissaire, dans sa première entrevue, Ini peignit les cruautés des soldats et les conséquences fâcheuses qni pouvaient en résulter, Lecourbe nia les faits allégués , et s'éleva de fureur, avec nne force musculaire vraiment admirable , à plusieurs pieds au-dessus du sol. Cependant le calme de Henri le ramena à la modération , et il se montra jaloux de maintenir une meilleure discipline.

La tâche de délégué helvétique dans ces malheureuses contrées offrait des difâcultés déplus d'un genre; et si Henri fut assez heureux pour l'accomplir, il le dut en partie aux sages conseils de son ami Reding et des autres hommes respectables des' quatre cantons, qui s'étaient liés avec lui. Sans les cotisations généreuse* qui de toute la Suisse et même des contrées les plus éloignées de l'Europe vinrent , à l'appel de notre commissaire, en aide aux souffrances de cet infortuné pays , la moitié de la population eût été forcée d'émtgrer. Pour procurer aux villages les plus éloignés des secours et des vivres , il eut recours quelquefois à des moyens assez étranges : c'est ainsi que, quoique protestant , il rétablit les pèlerinages à Notre-Dame d'Einsiedeln par l'érection d'un

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autel à la place Saint-Memrad ; le sueeèf répondit è se» attente. Lorsqu'enGn tout sembla p aeifîé et que des* magistrats constitutionnels furent entres en fonction -, Henri se voua* dans les petits cantons» » F amélioration de l'instruction publique, qui jusqu'alors a?ait été extrêmement négligée. Mais le fanatisme de certaine ecclétiiastiqiie9.<éétruisU plus tarda Uri et à Scbwyz l'heureux effet que suaient promis Henri et Rediug ; le livre élémentaire 4e Peçker, imprimé aux frais du gouvernement suisse, fut condamné comme hérétique et confisqué. -

Presque toujours en voyage, tartôt à AUdorf, ou Uiseren, tantôt à Scbwyz ou k Staaz , U vit partout régner l'ordre et renaître la confiance. Une fois seAjlçwmt nu soulèvement des campagnard*, pr^s des moulsgaes dt Scbwaenëi eu Oberwald , fut sur le point de topt remettre e» question. Us montagnards de cette çoutrég avoiepl jjjrédp brûler le cheflieu Samen, si on les forçai* p contribuer aux frais causés par le passage des troupes; nais Henri parvint à conjurer Forage sans effusion de sang. À la pavané* e «ourdie de cette mutinerie , il se rendit secrètement eVftrt àSarnen , convoqua la milice formée par lui-même , et partit , acetompagné de six chas$enr& à cheval , au milieu d'une ntiit aThiver, tt décembre I7fc9, pour les montagnes, «è |a paytans étaient campés devant le cabaret de {feaVviearii. à la vue de ces cavaliers qui apparurent tout à poap av kant et la montagne, et justement à l'heure au se montrent Ica revenants, nos conjurés, pris d'une terreur panique, se déversèrent dan» tous les sens. Lé lendemain Ha députèrent plusieurs d'entre eux pour faire leur soumission. Quand tout fat rentra dans Tordre, le commissaire fit une course en traîneau de Scbwyz à Lucorne à travm les montagnes; il alla de Bourgdorf * Perne pour voir ses amis , et en même temps» pour prendre connaissance des affaires-politiques, 11 remarqua avec peine

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que la mésintelligence régnait entre le direcloite exécutif et les conseillers législatifs, entre La Harpe et Usieri, deux hommes qu'il estimait au même degré. Deux jours après son retour àSehwyz (7 janvier 1900), la discorde amena la dé* sorganisation du directoire exécutif. Il fut remplacé par un eoiDité exécutif, qui* peu de mois après, voulut envoyer le commissaire plénipotentiaire des quatre caotoas dans le Valais avec la même qualité. Mais , toujours fidèle à sa vocation, H refusa cette charge , et passa un printemps vraiment délicieux à Schwyz et à Sewen , en compagnie de la famille de Redhig. '

11 aëcrifc ëgafement refuser l'offre qui lui fut faite d'accompagner le lieutenant générai Moneey, depuis duc de Cônegliano, et son détachement par le Saipt-Gotnard, dans la Suisse Italienne, afin de rétablir Tordre constitutionnel dans lepaysd'Eunetbergt après l'expulsion des Autrichiens, ai l'éloquence touchante du vieux général , son observation qu'il ne désirait être accompagné de lui que dans l'intérêt du pays, n'eût enfin levé ses scrupules (33 mai 180tf).

Peu de jouas après, l'armée décampa et se sait en marche, en traversant Uri , pour aller ù la conquête de l'Italie, Eh Q*ême temps le premier consul Boqaparte s'avançait à tran vers le Samt-Bernard pour livrer la célèbre bataille de Maremjo. Moncey accomplit la promesse faite à son compagnon de maintenir l'ordre sur la route; mais sa position n'en devenait que plus délicate vis-à-vis des généraux Bonami , Large et Lapoppe. Cependant l'armée franchit les frontières de la Lombardie en moins de dix jours, en surmontant tous les obstacles qu'elle rencontra. Ce fut alors que le plénipotentiaire commença à rendre à la Suisse italienne son ancien état de choses. Jusqu'à ce qu'il eût bien étudié les besoin^ comme les ressources du pays, il respecta ce qui était établi, et entretint une correspondance officielle avec une douzaine

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