XX ESQUISSE
Olivier Loison, qui était un homme instruit, ne manquant pas d'humanité , mais qu'ayait endurci la vie militaire. Plus vain qu'orgueilleux, il se lia d'amitié avec Ke nouveau commissaire, dont la position sociale loi fut d'un grand secours. Bucsingér touchait du clavecin, Loison donnait du cor : musique , solitude et conversation scientifique exerçaient leur influence. Le général suivait les conseils du commissaire et du vénérable curé, qui s'entendaient pour le bien du pays. Une discipline sévère protégea Unterwald jusqu'au départ du détachement, qui eut lieu lorsque (août 1799) l'aide droite ; de l'armée française , après l'expulsion des Autrichiens , occupa les cantons de Schwyz et d'Uri. Quinze jours s'étaient écoulés depuis ce départ sans que le gouvernement helvétique, dont le siège était à Berne, eût songé à donner sa protection aux cantons reconquis et à établir un ordre légal; aussi la licence la plus effrénée n'y eonnut plus de frein. Henri n'avait point de mandat pour ces contrées; mais, dans de pareilles circonstances, il ne prit conseil que de loimême. 11 traversa le lac de Lucerne pour aller à Brunnen , et trouva le bourg de S'chwyi occupé presque entièrement par des soldats. La maison de son ami ftediftg, qui s'étaitréfugié avec les siens près du lac de Constance , était au pon- : voir dune compagnie de dragons, qo\ avalent transformé les appartements du rez-de-chuossée en écuries et en forge, et destiné tout le bâtiment à devenir la proie des flammes le jour de leur départ, pour se venger de Reding , qu'ils appelaient le chef des rebelles, le général des paysans. En présence d'un tel danger, Henri comprit qu'il fallait agir promptement ; il se rendit donc aussitôt auprès du général Molitor, s'annonça comme plénipotentiaire du gouvernement, prit •possession de la propriété de Reding, et obtint sur-le-champ la retraite des soldats. Il plaça aussi des postes d'honneur