CHAPITRE IV
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Je revins dans ma ville natale comme un homme veuf; toutes les femmes me semblaient fades et journalières; je m'ensevelis dans les Affaires, et je cherchai a me distraire par des entreprises hasardées, ne fréquentant jamais aucune société et évitant tout le monde. L'image de Joséphine était sans cesse présente a ma pensée, et la fève que je portais sur mon cœur me semblait aussi précieuse que si je l'avais reçue de sa main. Qu'on pardonne aux infortunés leurs rêves ! je me figurais souvent que la belle Tarnau avait laissé à dessein ce souvenir dans le tiroir de sa toilette, dans l'espoir que je reviendrais un jour pour la revoir.
Mon extérieur devait avoir beaucoup souffert de la disposition de mon âme, car j'inspirais la compassion à tous mes amis. On m'assiégea de prières et d'invitations ; on m'envoya les meilleurs médecins : je refusai tout.
Toutefois, pour me délivrer de toutes ces tracasseries, et montrer que je pouvais encore agir comme tout le monde, je consentais quelquefois à aller passer la soirée chez mes amis.
C'est ainsi que j'acceptai un jour une invitation de ce genre chez le conseiller de justice Hildebrand.