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CHAPITRE VIII

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-7- M. Walter, ipamtenaut dites-mpi rondement la vérité, n>e djt ftj, de Tarnau le jour suivant pemjpnjt le déjeuner. Je sais qu$ vous êtes un hompie riche $ jp vais que vous êtes un jeune homnie devant qui les flj|#s ne s'enfuient pa$ d'effroi dans un courent; j'$i çppris que vous êtes un honnête homme que tout le monde estime , j'apprends, de yp^s que yftus été? an^ureu* ; mais tout gety jeas,emWej monsieur, n'e^t pas d'un gsse? grand poids pour.....

— Il me jnanque 1? noblesse, je le sw#J répondis-je.

— f Non, napnsieur; quand Dieu nous 9 accordé la noblesse du cœur ej dje 1'âjne, la noblesse des parchemins est superflue.. Je n'hais qu'un simple gsntiibommje, et pepenq>n| 1$ cojnjess^ Sophie ue rouissait pa$ d* ja'atmer.

— r Que me manque-Mi donc? d&gap^ai-J6*

-rr ^ y^s le dis jf^nlenant, nota benè, parce que c'est le matip. Le soir, quand l'kQmHie est accablé des fatigues et des ennuis de la journée , lorsque l'homme fort est devenu faible, que le grand hçmige s'est fait petit, il ne faut charger personne, mêjae d'un chalumeau

556 LA FEVE.

de paille. Ainsi ce matin, je vous le dirai franchement, il en est tout autrement de votre fève que de la mienne. La mienne est l'ouvrage de la Providence; d'abord une pierre d'angoisses, puis la base d'un amour Adèle, enfln un pbare dont la lueur nous a réunis. Votre amour n'est qu'un jeu de votre imagination. Je vécus pour Sophie dès le moment où je la vis; mais vous, c'est après une année d'oubli que l'idée vous est venue d'aimer Joséphine. Vous compreuez qu'il n'y a rien à répondre a cela. Vous vous réveillerez de vos rêves quand vous verrez ma fille , et que votre idéal céleste se changera en une fille ordinaire. Enfin, et, nota benè, pour attaquer la chose de front, Joséphine ne vous aime pas!

— Cela est cruel 1 dis-je en soupirant. Mais en êtesvous certain?

— Nous partirons aujourd'hui , et vous vous en convaincrez vous-même. Ce que je sais de votre séjour a Vienne, je l'ai appris de ma belle-sœur et non de ma fille, qui se souvient a peine de votre nom. — Il y a plus , nous avons un voisin fort dangereux , le jeune comte de Holten. 11 nous rend souvent visite, et Joséphine le voit avec plaisir. Je l'ai souvent surprise le regardant avec complaisance , et alors «lie se sauvait en rougissant et en riant.

— S'il en est ainsi , monsieur le colonel , dis-je en cherchant a me remettre, je ne partirai pas avec vous. Il vnnt mieux pour moi que je ne revoie pas votre fille.

— Vous vous trompez. Votre repos m'est cher; il est temps que vous soyez complètement guéri.

Je consentis enfin à prendre place dans sa voiture.

C'était une belle matinée de juin. La voiture s'arrêta devant une simple villa. Les domestiques se précipitèrent au-devant de nous, et le colonel me conduisit dans une salle fort simple, où deux daines se levèrent à notre arrivée.

11 leur dit mon nom ; puis prenant par le bras la plus âgée des deux , il me dit : Voici ma Sophie !

Je m'inclinai avec respect devant la matrone de soixante ans, que le récit de la veille avait rendue si intéressante a mes yeux. Ah! me disais-je en soupirant, que sont la jeunesse et la beauté !

Je suis tenté de croire que le vétéran expérimenté lut ma pensée dans mes yeux. 11 pressa la main de sa femme, et, la portant k ses lèvres, dit en souriant : — N'est-ce pas, amie, quand on voit les vieilles gens, on ne peut se figurer qu'ils ont été jeunes aussi; et quand on voit les jeunes filles dans l'éclat de leur fraîcheur, on jurerait qu'elles ne connaîtront jamais les cheveux gris ni les rides !

La tante de Joséphine me reconnut et me fit l'accueil le plus aimable. Nous prîmes place a table auprès des deux dames pour leur tenir compagnie.

— Mais où reste donc Joséphine? demanda le vieillard ; elle se réjouira de voir sa connaissauce de Vienne.

— Elle est dans le jardin avec le comte de Holten ; il y a encore des renoncules a arroser avant que le soleil ne devienne trop ardent, dit la tante. J'éprouvai un léger frisson. Mes illusions se dissipaient; mais je me calmai bientôt, et je commençai même à avoir honte de ma folie. J'affectai de la gaîté, et prenant le ton enjoué

4$ la société, je racontai a la tft$t* te d&gppjûateiBÇfit que j'avais éprouvé en pe te retrouvait pas a yiepne.

Tandis que je parlais, un jeun$ bomme d'up ^(aÂamr fort élégant $j}lr? dans la salle. Sa figura plaît pâle, son œil morne; il semblait vivement affecté.

w- Nobtedftitye, dii-il d'up ton forcé, permette que je prenne congé de voias ; je, pars #pjpur/d'huj pp^r la ^ |idence; *- j'jù, ^- je sçis, .— je serai pe»Hffre longtemps absept.

Le colonel avait tourna la t^le vers le nouveau venui et le regardait fixement.

-r- Qu'$ye?*vous doqc, comte de Polleij? dit-il; ypus avex fair d'un homme qui a commis un meurtre.

— Non , répondit le jeune homme en s'efforçapt dç sourire, je sui$ un homme s?r qui l'pç viept d'ea CQBir jpettre un*

A ces i90is il s'échapp4 s#ns ajouter une parole, U icQlonel voiç apjrès lui. Les deux danses élaiep^ <fôn$ fy plus vive inquiétude.

— • Que lui est-il arrivé? ^mandèrent les danjes au polop^el lorsqu'il r#nJr# dans fô çjrçnibre.

Le vieil officier revint sérieijx, hoeha la 0te> ftt $41 par $oprjre en disant : Demandez à Joséphine.

— L'a-t-elle offensé? ^'écria fc t^pte #veç vivacité,

-rr $&t jpwpe o» yp^drgt le ppeitfro , 4it-il ; c'est lune Io»g»e, longue histoire; mk le con*fp ftp fa <)itp ep t^pis ippjs, ; j'eiw et l'pi? ne w'aÎHie p^s.

En pe pxoment la porte s'ouvrit, et mademoiselle jfc J^rnau s'offrit § mes yeux. C'était eljel et plus belje, plus revissante qu'elle np l'était à Vienne lorsque je l'a.*

!4 F*vr, Ï&9

vai$ rue jadfo, Je mu Jeyai pour alfcr aii-devaftl d'elle 5

mais iues jambes $0 dérobèrent sous moi , ma langue se refusa à me prêter la parole; *m j'étais le plus fortuné et le plus misérable des iportel*.

Joséphine $'jarrêt& auprès d# ]a porte en rougissant, me regarda avec surprise, et s'approcha de la table le sourire sur les lèvres. Je lui 4i$ que j'avais appris la Veille qu'elle habitait ce pays, et que son père avait yendu ses terres en Moravie pouf venir s'établir dans notre voisinage,

— Ahl ma tante, ma cbèffi tante, s'éprja-t-elle en pressant les mains de la bonne dame dans les siennes, et jetant sur moi mq regard dérobé, ne you$ l'ayais-je pas dit? n'avaiS'je pas raison ?

La tante jeta sur elle un coup d'oeil qui commandait le silence , et la mère baissa les yeu? pour cacher un léger

trouble. Le viejix père las gpminaU fontes l'une après

l'autre ; enfin il décria : M. Walter? il me pénible que tous avez trouvé la fève a la bonne pjace 1 -*- Mais toi , Joséphine, qu'as- tu donc eu avec le comte? car, nota benè, il s'est retiré terriblement fâché,

Joséphine répondit d'une manière évasive. Tout Le.

pwnde se Jeva , ai l'on *e rendu dans Je jardin. J,e colonel me montra ses bâtiments f ses prés, ses champ? * m

écurie* et ses é ta blés, tandis que les damas s>enlrete* naient avec chaleur dans un pavillon. Après une mortelle heure d'ennui nous revînmes de ce voyage économique. On prit alors a part le vieux colonel , et je resta} Avec Joseph ipe, Je me promis d'être extrêmecaent réservé envers elle ;

je craignais le sort du comte de Holten. Nous parlâmes de notre connaissance à Vienne , de nos anciennes con- \ versations, de nos promenades : Ah! s'écria Joséphine, f si vous saviez combien j'ai souffert pour vous lorsque * vous partîtes pour votre triste voyage.... Ah! nous avons souvent parlé de vous.

Je ne pus me défendre de tout lui raconter, mon second voyage, mon séjour dans sa chambre, l'histoire de ^ la fève, et ma rencontre de la veille avec son père. Pnis f je gardai le silence; je n'osais la regarder, mes pieds creusaient le sable avec embarras; j'étais dans la perplexité la plus grande.

Enfin j'entendis un soupir; je levai les yeux, ceux de Joséphine étaient baignés de larmes. — Au nom du ciel! mademoiselle, lui dis-je d'une voix tremblante, ma franchise vous aurait-elle déplu?

Elle laissa tomber son mouchoir qu'elle avait porté devant ses yeux , et me regarda en souriant.

— Tout cela est-il vrai? me dit-ellé.

Je pris avec vivacité la fève qui pendait à mon cou, je m'écriai en la lui présentant : Voici qui témoigne pour moi!

Elle prit le cordon comme par curiosité, et examina le petit étui d'or; mais elle ne put retenir ses larmes, et se penchant sur mon bras : Je crois a une Providence, Walter, s'écria-t-elle.

Je la serrai contre mon cœur, et, dans l'ivresse de ma joie, je couvris ses mains de baisers brûlants.

Les voix de sa mère et du colonel nous tirèrent de notre ravissement. Joséphine tenait encore à la main le

cordon de soie auquel était suspendue la fève. Le colonel s'en aperçut et se mit a rire. Joséphine cacha son joli visage conlre le sein de sa mère. — Que vous dirai-je ? vous savez que Joséphine est ma femme. Voilà tout le roman de mon amour.

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